Quand il y a des problèmes de succion
L'allaitement étant par définition une relation à deux, les problèmes peuvent également venir du bébé. S'il tète peu et/ou mal, il ne va pas stimuler correctement les seins et les terminaisons nerveuses de l'aréole. Le message enjoignant de faire fabriquer du lait ne va pas bien arriver au cerveau, et l'on peut ainsi aboutir à une insuffisance de la lactation. Ces problèmes de succion peuvent être là dès la naissance : bébé somnolent, léthargique, hypotonique, parfois suite aux anesthésiques donnés à la mère pendant l'accouchement ; mais aussi bébé hypertonique ; prématurité, post-maturité, retard de croissance intra-utérin ; anoxie, hypoxie ; trisomie, anomalies génétiques ; myasthénie, maladies neuro-musculaires ; pathologies de la bouche. Ils peuvent apparaîtrent en cas d'ictère sévère qui, ainsi que la photothérapie, rend le bébé somnolent, et en cas de muguet important qui peut rendre la tétée douloureuse.Mais dans la plupart des cas, ils sont malheureusement créés de toutes pièces par une conduite inappropriée de l'allaitement. Notamment par le don de biberons de complément qui chez beaucoup de bébés, vont entraîner une confusion sein-tétine : la façon de prendre le biberon et la façon de téter le sein étant complètement différentes, ces bébés, surtout s'ils ne savent pas très bien téter au départ, ne sauront plus du tout le faire après un seul biberon. Les "bouts de sein" présentent le même risque de confusion sein-tétine. De plus, la bouche du bébé n'étant plus alors en contact direct avec l'aréole, les terminaisons nerveuses de celle-ci sont mal stimulées, le message envoyé au cerveau plus faible, et par conséquent la quantité de lait produite baisse et peut se révéler rapidement insuffisante (selon une étude anglaise, le "manque à gagner" représente de 20 à 60% selon les modèles de bouts de sein).
Les fausses alertes
Pour finir, on peut aussi mentionner tous les cas où la mère et/ou son entourage croient à tort à une insuffisance de la lactation. Il est bien sûr impossible de les chiffrer, mais à entendre les histoires qui se racontent, ils doivent être relativement nombreux. Il y a d'abord le bébé qui "réclame" beaucoup, qui voudrait être toujours au sein, qui dort peu, etc. Il se peut que la conduite de l'allaitement soit à revoir, il se peut que ce soit un bébé "aux besoins intenses" ou un bébé qui a un besoin de succion particulièrement développé. Malheureuse-ment, cela va trop souvent être interprété comme le signe que le bébé meurt de faim, et qu'il faut lui donner des biberons...Beaucoup de mères, ensuite, croient qu'elles n'ont plus de lait quand, l'allaitement bien établi, leurs seins redeviennent souples et moins volumineux, et ne coulent plus entre les tétées. Ce qui est un bon signe d'adaptation et un gain de confort, et non pas une baisse de lait ! Enfin, quand les bébés grandissent, ils ont à certaines périodes des "poussées de croissance" (où ils peuvent prendre jusqu'à deux centimètres en moins d'une journée (!) pendant lesquelles ils ont brutalement besoin de plus de lait. Une seule chose à faire alors : leur donner plus souvent à téter, comme ils ne manquent d'ailleurs pas de le demander ! Et ne pas croire qu'on n'a "plus assez de lait"...
En conclusion
De ce qui précède, on peut conclure qu'il est très rare de ne pas pouvoir remédier à une insuffisance de la lactation, même quand la cause en est physiologique. Encore faut-il savoir faire un diagnostic correct, apporter des solutions adaptées qui remettent l'allaitement sur ses rails, et aussi ne pas être aveuglé par le fait que le bébé est allaité au point de ne pas aller chercher plus loin une pathologie possible. On voit encore trop souvent des bébés qui ne prennent pas de poids, ce dont on rend responsable la quantité ou la qualité du lait de la mère, pour s'apercevoir ensuite qu'une infection urinaire en est la cause...(reproduit avec la permission écrite de:http://www.lllfrance.org)


