Les psoriasis: explications

Le psoriasis est une
dermatose fréquente (1 à 2 % de la population), définie par des plaques érythémato-squameuses bien limitées. Il correspond à une hyperprolifération épidermique, toujours limitée et bénigne, à support génétique, et de mécanisme très complexe, encore mal connu malgré de très nombreux travaux. Le psoriasis débute à un âge variable, souvent
avant 20 ans, et évolue par poussées. Les 2 sexes sont atteints. L'
affection reste le plus souvent bénigne, il en existe cependant des formes graves.
Aspects cliniques :
Le psoriasis vulgaire, en plaques
La
lésion élémentaire est une plaque érythémato-squameuse arrondie à limites nettes. Habituellement, les squames, épaisses, nacrées, recouvrent la totalité de la tache érythémateuse. Le
grattage à la curette les détache jusqu'à obtention d'une "rosée sanglante" (abrasion du sommet des papilles dermiques). La plaque
psoriasique est parfois entourée d'un anneau clair (de Woronoff). Typiquement non prurigineux, le psoriasis l'est cependant, dans 1/3 des cas environ. Les lésions psoriasiques sont souvent
symétriques, peuvent siéger n'importe où, mais ont des zones de prédilection : coudes, genoux, sacrum, cuir chevelu. On observe parfois le psoriasis à l'endroit d'un traumatisme : c'est le phénomène de Koebner.
Formes cliniques
Selon l'aspect
- très hyperkératosiques, crétacées (coudes, genoux),
- très peu squameuses,
- petits éléments : psoriasis en gouttes, psoriasis guttata qui s'observe surtout chez l'enfant et fait volontiers suite à une infection rhino-pharyngée,
- en plaques annulaires,
- noter que eczématisation et surinfection sont rares.
Selon la localisation
- cuir chevelu : plaques épaisses de "grosses pellicules", squames blanc grisâtre, que les cheveux traversent. Il n'y a pas d'alopécie.
- Plis : aspect d'intertrigo sec, rouge, peu squameux, bien limité, non prurigineux ( c'est le psoriasis inversé).
- Paumes et plantes : hyperkératose importante, parfois fissuraire, très peu érythémateuse (kératodermie palmo-plantaire) posant un diagnostic différentiel avec une mycose (examen mycologique), un eczéma (prurit+), un lichen (prurit, aspect violacé) ou une syphilis secondaire (sérologie, papules squameuses).
- Visage : taches rouges bien limitées, avec des fines squames sèche, ou plus grasses et alors difficiles à distinguer de la dermite séborrhéique.
- Ongles : ponctué en dé à coudre, hyperkératose sous-unguéale, onycholyse.
- Muqueuses : langue géographique (glossite exfoliatrice marginée), taches rouges et squameuses du gland.
Histologie
Elle peut être utile dans les formes
atypiques. Comporte essentiellement des signes
épidermiques: la couche cornée épaisse, parakératosique, renfermant de petits amas de polynucléaires: ce sont les micro-abcés de Munro et Sabouraud, la couche granuleuse est absente, le corps muqueux de Malpighi est acanthosique. Le derme superficiel est papillomateux, le derme papillaire est
œdémateux et contient de nombreux vaisseaux dilatés.
Evolution
Les
poussées de psoriasis connaissent parfois des facteurs déclenchant : infectieux et surtout psychologiques, plus ou moins nets selon les sujets. Ailleurs, elles sont imprévisibles. Leur
fréquence est très variable, et il faut se garder de tout pronostic. L'
exposition solaire a le plus souvent une influence favorable sur le psoriasis. Noter que les bêtabloquants et le lithium, peuvent révéler, ou aggraver un psoriasis.
Les psoriasis graves
Les formes graves du psoriasis sont rares ; elles peuvent survenir chez un patient atteint d'une forme
bénigne, notamment, pour les psoriasis érythrodermiques et pustuleux, à la
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