Aluminium et risques pour la santé

Quel est le problème ?
Historiquement, on a considéré l’aluminium comme relativement peu toxique. Des individus en bonne santé peuvent tolérer des doses orales allant jusqu’à 7 g par jour sans
souffrir d’effets nocifs. D’un autre côté, diverses données indiquent actuellement que l’aluminium peut avoir des conséquences néfastes pour le système nerveux des êtres humains et des animaux. Dans ce
document, nous tenterons de faire le point sur l’état de la question, sur base des expertises les plus pertinentes et les plus récentes dans le domaine.
L'aluminium dans l'environnement
L’aluminium est, après l’oxygène et le silicium, l’élément le plus répandu dans la nature. Il représente environ 8 % de la croûte terrestre. Il apparaît sous différentes formes dans la plupart des
roches et des sols, dans la végétation et dans l’eau. On ne l’y retrouve cependant pas à l’état libre mais combiné dans différents silicates. Bien que l’aluminium soit abondant dans la nature, les composés présents à l’état naturel sont habituellement stables et n’interagissent pas avec les processus biologiques qui se produisent dans les
organismes vivants. Cependant, en milieu acide, l’aluminium se libère des roches et des sols sous une forme soluble qui peut être alors absorbée par les
plantes et les animaux.
Quelques caractéristiques de l'aluminium
L’aluminium n’a été isolé sous forme de métal qu’en 1825 et il a fallu attendre la fin du XIXe siècle avant qu’un procédé de production industrielle soit mis au point. Les ustensiles de cuisine ont constitué la première grande utilisation de l’aluminium. L’aluminium est léger et permet de fabriquer facilement des formes et objets divers. C’est grâce à ces importantes propriétés que l’aluminium est largement utilisé dans le transport, le
bâtiment, les ustensiles de cuisine, l’emballage et l’industrie pharmaceutique. L’étude des composés de l’aluminium dans l’environnement humain s’étend au-delà de la
confection et du conditionnement de certains aliments. Tous les éléments métalliques apparaissant dans la croûte terrestre passent du sol aux tissus végétaux et animaux. Aussi, les chercheurs étudient l’effet sur la santé humaine des métaux naturellement présents dans la nourriture, l’eau et l’air, ainsi que ceux qui résultent de l’utilisation des ustensiles, des emballages alimentaires et des
médicaments.
Absorption de l'aluminium par l'organisme
On ne connaît aucun rôle biologique de l’aluminium – il ne semble pas être un oligo-élément essentiel – et le
corps humain possède des barrières efficaces contre les transferts de l’aluminium. Seule une infime fraction de l’aluminium se trouvant dans
l’alimentation est absorbée par le tractus gastro-intestinal et, pour les individus en bonne santé, la majeure partie de l’aluminium absorbé est rapidement excrété par les
reins. Lorsque les barrières naturelles qui limitent l’absorption de l’aluminium sont court-circuitées ou lorsque l’aptitude des reins à excréter l’aluminium est altérée, il peut se produire une accumulation de composés de l’aluminium dans l’organisme. Les
os semblent alors agir comme un réservoir, en fixant l’aluminium et en le libérant lentement.