Des traitements sur mesure
Si l'hémato-oncologie est le principal domaine concerné par la thérapie cellulaire, d'autres secteurs sont fortement intéressés par son potentiel de réparation tissulaire: l'orthopédie, la cardiologie, la neurologie, la gastro-entérologie...Mission principale du laboratoire de thérapie cellulaire et génique: préparer dans des conditions optimales les produits cellulaires destinés à être administrés aux malades par les services cliniques du CHU, mais également d'autres hôpitaux liégeois, belges et même étrangers.
Cellules souches hématopoïétiques
Le prélèvement, la manipulation, la congélation et la conservation de cellules souches hématopoïétiques(1) représente l'essentiel des activités du laboratoire. Autologues ou allogéniques, ces greffons cellulaires sont destinés au traitement de patients leucémiques ou atteints d'une autre grave maladie sanguine. L'expression bien connue "greffe de moelle" est aujourd'hui obsolète: 99% des greffons sont en fait des cellules souches hématopoïétiques récoltées dans le sang périphérique. Outre les avantages indéniables pour le donneur — plus besoin de ponction de moelle! —, ces greffons sont plus aisément manipulables.Le greffon cellulaire est soit injecté directement au patient, soit congelé pour une utilisation ultérieure. Il peut être au préalable amplifié, réduit, ou manipulé de manière à sélectionner ou dépléter certaines populations cellulaires: des anticorps spécifiques de certains antigènes de membrane sont couplés à des billes magnétiques, afin d'attirer les cellules visées dans un champ magnétique.
Moduler les réactions immunologiques
En cas d'allogreffe myéloablative, il s'agit principalement d'appauvrir le greffon en lymphocytes T afin de réduire la réaction du greffon contre l'hôte (GVH), une maladie qui présente des conséquences importantes en termes de survie et de qualité de vie du greffé. Mais il y a une deuxième réaction immunologique du greffon, très intéressante celle-là: un effet antitumoral (GVL) dont il ne faudrait surtout pas priver le patient... Afin de moduler les réactions immunologiques, la préparation du greffon consiste à l'appauvrir en lymphocytes T8 (CD8), qui semblent être responsables de la GVH, tout en conservant les lymphocytes T4 (CD4), indispensables à l'effet GVL.Pour prévenir ou traiter les rechutes, on induit l'effet GVL en injectant au patient des lymphocytes T4 du donneur, selon un calendrier très précis et à des doses mesurées. Cette technique est surtout utilisée après une "mini-greffe" administrée au patient après une chimiothérapie ou une radiothérapie de moindre intensité, qui ne provoque pas la destruction totale de la moelle hématopoïétique. L'injection de lymphocytes permet de contrôler la bonne évolution du chimérisme: après une telle greffe, deux populations cellulaires coexistent, celle du receveur (qui n'a pas été détruite) et celle du donneur. Ce chimérisme est censé évoluer vers une prépondérance des cellules du donneur. Injecter des lymphocytes du donneur permet de faire pencher la balance du bon côté lorsque les cellules du receveur prennent le dessus. Ce traitement est parfois administré après une greffe classique, en cas de réapparition de la maladie initiale (détectée par biologie moléculaire).


