La migraine en images et en gènes

Comment savoir ce qui se passe dans le
cerveau d’un migraineux? Deux voies de recherche complémentaires, quoique très différentes, apportent des éléments de réponse: la génétique permet de comprendre
l’hyperexcitabilité des neurones, tandis que l’imagerie fonctionnelle cerne le point de départ de la crise migraineuse. La
migraine, une maladie génétique? L’observation de familles de migraineux y a fait songer dès le XIXe siècle. Bien plus tard, dans les années 1980-1990, l’étude de jumeaux a confirmé l’existence de cas familiaux. Aujourd’hui, l’implication d’une composante génétique dans la migraine est un fait avéré. Reste à identifier les
gènes responsables. «Dans le cas de la migraine hémiplégique familiale, dont les crises sont caractérisées par un déficit moteur (paralysie transitoire de la moitié du corps) précédant le mal de tête, cette tâche a déjà bien avancé», explique le Dr Anne Ducros, neurologue au service urgences céphalées de l’hôpital Lariboisière, à Paris.
- En 1993, un premier gène a été localisé sur le chromosome 19. Il présente une anomalie (mutation) chez 50% des familles concernées par cette migraine particulière et dirige la fabrication de ce que les spécialistes appellent un canal calcique neuronal, autrement dit une protéine qui participe à la transmission des messages nerveux.
- Un deuxième gène, qui concerne 20% de ces familles et permet la fabrication d’un autre type de canal, a été caractérisé en 2003. «L’identification de ces canaux a eu un impact très positif car elle a relancé la discussion sur les mécanismes de la migraine, poursuit le Dr Ducros. Ces découvertes ont conforté la théorie d’une hyperexcitabilité neuronale à l’origine de la migraine, sur laquelle la communauté scientifique se penche aujourd’hui.»
Ainsi, la génétique pourrait inspirer de nouveaux traitements de fond. Mais il lui faut encore démasquer un à un les
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