Des analyses du sang de cordon ont révélé, entre autres choses, que sous régime « PUFA » la formation des éosinophiles et des basophiles était plus active. Leur nombre était significativement plus élevé dans le groupe « PUFA » que dans l’autre groupe. Cette modification était prédictive du devenir allergique de l’enfant à un an. Linneberg et al. (Danemark) ont suivi dans une étude prospective 24.341 couples mère-enfant et ont interrogé la maman sur ses habitudes de consommation d’alcool. Ils ont aussi enregistré la survenue éventuelle d’une dermatite atopique chez l’enfant à l’âge de 18 mois. Leurs résultats suggèrent que la prise d’alcool au cours de la grossesse augmente le risque de dermatite atopique dans la petite enfance. Cet effet est surtout marqué pour les enfants à haut risque (deux parents atopiques) dont la maman consommait au moins quatre boissons alcoolisées par semaine à la trentième semaine de gestation. Enfin, de nombreux travaux ont été publiés sur le rôle de la flore intestinale. Par exemple, les enfants nés par césarienne ne sont pas contaminés à la naissance par la flore féco-vaginale de la mère. Ils seraient donc en contact plus tardivement ou moins intensément avec certains allergènes apportés par cette flore. Leur tolérance à ces allergènes est moins développée, voire absente. Ce phénomène serait impliqué ultérieurement dans le développement de certaines allergies. Les recherches tendant à montrer l’importance des probiotiques dans l’équilibre qui s’installe au cours des premiers mois de la vie entre tolérance et immunité sont légion également. Leurs résultats sont bien connus et nous n’y reviendront pas ici.

Penser « environnement »

Il faut sans doute dépasser le problème de la ferme en tant que tel et penser en termes d’environnement. Une étude intéressante a été réalisée en Espagne par De Benito et al. dans deux villes du nord du pays, géographiquement très proches l’une de l’autre (20 km), Santander et Torrelavega. Dans toute la région, la sensibilisation aux acariens est importante, alors que la sensibilisation aux animaux de compagnie est peu fréquente. Au sein d’un échantillon de 300 jeunes adultes pour chacune de ces deux villes, à Santander, la prévalence annuelle des symptômes apparentés à l’asthme est de19,5%, contre 14,6% à Torrelavega. Les personnes présentant des symptômes de type asthmatique étaient plus fréquemment exposées aux animaux de compagnie que les habitants asymptomatiques (41% vs 14,1% à Santander et 23,5% vs 11,3% de l’autre côté). A Santander uniquement, les sujets atteints étaient proportionnellement plus nombreux à avoir vécu leur enfance dans cette ville que les personnes indemnes. Par contre, à Torrelavega seulement, les « asthmatiques » avaient plus fréquemment été exposés en bas âge au tabagisme passif que les personnes saines sur le plan respiratoire.

Merci, les virus

Il faudrait encore envisager le rôle des maladies virales encourues pendant la petite enfance mais nous n’avons guère la place de nous y attarder. Sachons que certains virus semblent faciliter l’apparition de manifestations allergiques : le virus respiratoire syncytial, agent de la bronchiolite du nourrisson et les rhinovirus, sont de ceux-là. Par contre, Certains virus seraient donc protecteurs, mais sachant ce que l’EBV et le CMV peuvent faire comme dégâts à d’autres niveaux, on est loin de souhaiter, même aux enfants asthmatiques, d’être infectés par ces deux charmantes petites bestioles…

Par Dr. Jean Andris

" HEALTH & FOOD " numéro 77, Mai/Juin 2006
(reproduit avec la permission écrite de:http://healthandfood.be)




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