La dose fait-elle le poison?
L’aspartame est probablement l’additif alimentaire le plus sévèrement contrôlé du marché. Ce dipeptide a en effet fait l’objet de plusieurs centaines d’études toxicologiques. La toxicologie, justement, s’appuie sur le fait que tous les éléments sont toxiques à une dose déterminée. La question n’est donc pas de savoir si l’aspartame est toxique, mais bien à quelle dose l’aspartame ou l’un de ces composants peut se révéler dangereux pour la santé. Une étude menée par Stegink et al révèle que les apports les plus élevés d’aspartame (de 22 à 34 mg/kg de poids corporel par jour) correspondent à l’équivalent de 11-19 mg/kg de poids corporel de phénylalanine, 10-15 mg/kg de poids corporel d’acide aspartique et 2-4 mg/kg de poids corporel de méthanol. La toxicité du méthanol est liée à son oxydation en formaldéhyde, lui-même transformé en acide formique. L’aspartame n’est pas le seul producteur de méthanol dans la nature. Plusieurs études indiquent que les jus de fruits en contiennent près de 140 mg/litre (contre 55 mg/litre pour une boisson édulcorée à l’aspartame). Et c’est précisément, selon Soffriti et al, ce fameux méthanol qui serait incriminé dans l’apparition des leucémies et lymphomes... Une hypothèse qui apparaît cependant très fragile.Un danger relatif
Dans l’état actuel des connaissances, et jusqu’à preuve du contraire, l’aspartame employé aux concentrations normales ne pose pas de problème pour la santé. L’adage qui dit que « seule la dose fait le poison » s’applique aussi à des aliments naturels comme le beurre et le sucre qui, à des teneurs dépassant 50 à 100 fois les recommandations, exercent certainement des influences plus néfastes que l’aspartame en termes de morbidité et de mortalité.Cette étude pose évidemment question et des investigations complémentaires doivent et seront menées à l’avenir sur ce sujet par les organismes compétents. En revanche, il convient d’éteindre le feu attisé par les médias : les conséquences de la surcharge pondérale et de l’obésité sur le taux de mortalité ont infiniment plus d’implications pour la santé que l’aspartame !
Par Patrick Mullie
" HEALTH & FOOD " numéro 75, Jan/Fév 2006
(reproduit avec la permission écrite de:http://healthandfood.be)


