étudier à la fois ses cellules et son architecture, permet d’affirmer le diagnostic, précise le Pr. Bonnet. Elle se réalise sans anesthésie, par voie rectale, sous guidage échographique, grâce à une sonde endorectale de haute fréquence.»

Parfois, mieux vaut s’abstenir

Une fois le cancer de la prostate découvert, reste à déterminer le traitement le mieux adapté, dès lors que l’arsenal thérapeutique s’est considérablement étoffé ces dernières années. Outre les caractéristiques du cancer (localisé ou non, degré de différenciation et volume de la tumeur), d’autres critères entrent en ligne de compte : l’âge physiologique du patient, son espérance de vie, son état de santé, ses antécédents et des paramètres plus subtils tels que l’acceptation des effets secondaires prévisibles (impuissance, incontinence, asthénie, etc.).

Une première possibilité consiste en une abstention thérapeutique totale. Elle est proposée le plus souvent à des patients dont l’espérance de vie ne dépasse pas dix ans en raison de leur âge avancé ou d’une autre maladie. Sachant que le cancer de la prostate qui se déclare chez des personnes âgées évolue généralement très lentement, il est probable que ces personnes ne ressentiront jamais de troubles sérieux dus à leur cancer et qu’elles mourront finalement de tout autre chose. «Du point de vue de la qualité de vie, les effets secondaires d’un traitement pourraient être moins bénéfiques que l’abstention; grâce au dosage du PSA, on peut surveiller l’évolution d’un cancer limité à la prostate et intervenir dès que l’on constate une aggravation», souligne le Pr. Bonnet.

Outre l’abstention, deux options thérapeutiques doivent être envisagées. «Soit une option curative: on espère éliminer l’adénocarcinome prostatique et ainsi guérir le patient lorsque la lésion découverte est petite et bien limitée. Soit une option palliative : l’état d’avancement de la maladie ou le risque d’évolution à long terme chez un patient âgé sont tels dès le départ que l’on choisit de freiner l’évolution sans avoir comme premier but une guérison complète.» Mais, avant de choisir, un bilan d’extension de la maladie doit être mis en route. Il comprendra le plus souvent une radiographie du thorax, un scanner abdomino-pelvien et une scintigraphie osseuse qui permettront d’établir le stade local, locorégional ou métastatique du cancer.
(reproduit avec la permission écrite de:http://www.chuliege.be/)




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