Cancer de la prostate: des traitements sur mesure
En cas de maladie locale, sans atteinte ganglionnaire, chez un patient jeune, dont l’espérance de vie est supérieure à dix ans, on optera pour des traitements agressifs à visée curative dans l’espoir de guérir la personne en éradiquant complètement la maladie. «La chirurgie, soit classique, à savoir l’ablation complète du bloc prostato-vésicoséminal, soit laparoscopique, et la radiothérapie, soit externe (conventionnelle ou de conformation), soit interstitielle, ou encore une combinaison des deux, sont indiquées pour atteindre ce but», considère le Pr. Bonnet.Si, par contre, la maladie agressive a dépassé le stade loco-régional ou si elle concerne une personne dont l’espérance de vie est de moins de dix ans, une hormonothérapie sera proposée. «Ceci vise à bloquer plus ou moins complètement l’action des androgènes sur les cellules cancéreuses afin de les mettre au repos. Pour se développer, le cancer prostatique, comme la prostate normale, a besoin de ces hormones masculines, majoritairement sécrétées par les testicules.»
Enfin, si après les traitements classiques la maladie évolue et s’étend (échec des manipulations hormonales appliquées d’emblée ou après une récidive développée à la suite d’un traitement “radical”), il reste encore la possibilité de proposer au patient une chimiothérapie. Les thérapeutiques palliatives antalgiques offertes par la clinique de la douleur et la plate-forme de soins palliatifs trouvent ici toute leur application.
Un travail pluridisciplinaire
Pour le Pr. Bonnet, deux écueils doivent être évités dans le traitement: traiter trop agressivement la maladie par rapport à son évolution, ce qui entraîne des effets secondaires plus néfastes que la maladie elle-même, ou traiter trop légèrement une lésion agressive. «À la suite de toutes les études déjà réalisées, un consensus semble émerger progressivement, à savoir qu’il y a un bénéfice à détecter le cancer de la prostate quand la maladie est localisée et la lésion minime, chez les hommes dont l’espérance de vie est supérieure à dix ou quinze ans, et à leur proposer un traitement radical à visée curative. Dans les autres cas, il y a matière à discussion.»En matière de cancer prostatique, qu’il s’agisse du diagnostic ou du traitement, l’urologue occupe une place centrale mais, au CHU de Liège, il travaille en étroite collaboration avec les services de radiothérapie et d’oncologie et avec la clinique de la douleur, afin de combiner au mieux les approches thérapeutiques et d’offrir ce qu’il y a de mieux au patient. Esprit d’équipe et travail pluridisciplinaire y sont des réalités quotidiennes…


