une série de facteurs nutritionnels et non nutritionnels qui peuvent exercer une protection contre le cancer. Ainsi, les apports élevés en vitamine D étaient associés à un faible BMI, un niveau d’activité physique très élevé, moins de tabagisme, une plus faible consommation de viande et une plus forte ingestion de fruits et légumes et de poisson. Force est donc de constater que la question demeure : la vitamine D protège-t-elle contre la mortalité et la morbidité par cancer ou les gens affichant des taux élevés de vitamine D dans le sang sont-ils tout simplement différents des personnes présentant de faibles concentrations sanguines en vitamine D ?

Un besoin urgent d’études d’intervention

L’histoire se répète-t-elle ? En effet, ce qui se passe actuellement avec la vitamine D fait assurément penser au cas du bêta-carotène. Dans les études de cohorte, les fruits et légumes apparaissent offrir un rôle protecteur certain à l’égard du cancer, rôle auquel on rattache bien souvent le bêta-carotène. Dans les études d’intervention, cet effet protecteur n’a jamais été montré jusqu’à présent, ce qui suppose que les grands consommateurs de fruits et légumes retirent probablement aussi leur évidente protection d’autres facteurs liés à leur mode de vie. Or, ces aspects ne sont pas pris en compte dans les études d’intervention puisque tant le groupe d’intervention que le groupe placebo doivent présenter des caractéristiques comparables. L’histoire repasse les plats et la vitamine D n’échappe peut-être pas à ce constat : les individus avec des taux élevés de vitamine D ont visiblement un mode de vie plus sain qui interfère sur le risque de cancer.

Pour quelques dollars de plus

Tout le problème devient encore plus complexe quand on apprend qu’un intense lobbying et soutien financier de l’industrie américaine du banc solaire met tout en oeuvre pour faire reconnaître ce rôle préventif de la vitamine D. Il serait évidemment plus intéressant et lucratif pour cette industrie que des millions de clients se présentent chaque semaine à une séance de banc solaire en prévention du cancer…

Par Patrick Mullie

" HEALTH & FOOD " numéro 77, Mai/Juin 2006
(reproduit avec la permission écrite de:http://healthandfood.be)




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