Hérédité et cancer du sein

Enoncé du problème
On connaît depuis longtemps l’existence de maladies héréditaires, causées par la transmission d’un défaut génétique des parents aux enfants. Ces maladies touchent généralement les enfants dès leur jeune âge. Depuis peu, on a constaté que certains cancers de l’adulte présentent également une composante héréditaire, c’est-à-dire qu’ils sont liés à des gènes de susceptibilité, transmis dès la conception. Ce n’est toutefois qu’à l’âge adulte que ces cancers apparaissent. Nous ne sommes pas tous égaux face au cancer: certains d’entre nous présentent un risque héréditaire de développer la maladie. Ainsi, certaines femmes ont hérité d’un risque de développer un cancer du sein plus élevé que d’autres. Le cancer du sein lié à l’hérédité frappe surtout des femmes plus jeunes que la moyenne (Pour mémoire, 3 cancers du sein sur 4 se déclarent chez des femmes de 50 ans et plus, parfois même avant l’âge de 40 ans). Nous tenterons, dans ce dossier, d’expliquer cette inégalité naturelle face au cancer du sein.Epidémiologie et données statistiques
Dans notre pays, le cancer du sein est le premier cancer de la femme : il représente 34,44% de l’ensemble des cancers et cette incidence augmente régulièrement. Malgré les progrès thérapeutiques, sa mortalité reste encore élevée. 5 à 10% des cancers du sein se développent dans un contexte familial de prédisposition génétique, avec un risque de transmission de 50% pour la descendance. Autrement dit, 90 à 95 % des cancers du sein ne sont pas liés à l’hérédité.Facteurs étiologiques et facteurs de risques
Deux gènes impliqués dans le développement des cancers du sein ont été identifiés : les BRCA1 (BRCA pour BReast CAncer gene ou gène du cancer du sein) et BRCA2. Ces deux gènes sont localisés respectivement sur les chromosomes (morceau du patrimoine héréditaire) 17 et 13. Récemment, un troisième gène aurait été localisé sur le chromosome 8. Dans les familles porteuses du gène BRCA1, le risque de développer un cancer du sein varierait entre 56 et 87 %, et de 16 à 60 % pour le cancer de l’ovaire. Par ailleurs, il existe également un risque accru de développer un cancer de la prostate et du côlon.Le risque lié à une anomalie du gène BRCA2 est une incidence plus élevée du cancer du sein chez la femme mais aussi chez l’homme (par rapport à BRCA1) et surtout du cancer de l’ovaire chez la femme. Ce gène semble également prédisposer au cancer lire plus


