La chirurgie classique et laparoscopique

 
La chirurgie classique et laparoscopiqueAutrefois abandonnée car jugée trop détériorante et non efficace, la chirurgie classique d’exérèse de la prostate et souvent des ganglions qui se trouvent à proximité a été remise au goût du jour à la fin des années 80, grâce notamment aux travaux de chirurgiens urologues américains, entre autres Patrick Walsh, qui ont étudié de façon très précise l’anatomie de la prostate. De plus, les moyens diagnostiques actuels sont tels que l’on parvient à détecter les maladies à un stade très précoce permettant de proposer une intervention d’exérèse totale sans mutilation.

«Auparavant, un des gros écueils de la prostatectomie totale était le fait qu’elle provoquait des dommages locaux sur le système sphinctérien : une incontinence urinaire post-opératoire, le plus souvent transitoire il est vrai, mais aussi des troubles érectiles et une impuissance quasi systématique dans les six premiers mois après l’opération en raison d’une atteinte par le bistouri d’un ou deux nerfs qui commandent l’érection, explique le Pr. Pierre Bonnet. Une meilleure connaissance de l’anatomie de la prostate, ajoutée à des moyens diagnostics plus performants, a permis de mieux préserver ces fonctions. D’autre part, cette intervention peut s’accompagner de pertes sanguines importantes et se compliquer de thrombophlébite. Mais, à nouveau, les améliorations sont telles que l’on parvient à éviter ces séquelles. Depuis un peu plus d’un an, nous appliquons une technique mise en œuvre par une équipe de Nantes qui a particulièrement affiné la dissection des différents éléments vasculaires et nerveux.»

Parallèlement à ces améliorations s’est développée, sous l’impulsion d’équipes françaises, la chirurgie laparoscopique (opération à partir de trois petits orifices). Un programme d’apprentissage de cette technique a été mis en route au sein du service d’urologie du Pr. Jean De Leval : depuis un an, le Pr. Van Velthoven de l’Institut Bordet (ULB) vient régulièrement partager ses compétences dans le domaine, et le Dr Marc Fillet a passé un an à Bordeaux où il a été initié à la chirurgie laparoscopique appliquée aux tumeurs prostatiques. «Outre les avantages liés à cette voie, à savoir diminution du traumatisme opératoire et des séquelles postopératoires en termes de douleur et de cicatrisation, la prostatectomie laparoscopique permet surtout d’améliorer considérablement la vision peropératoire, assure le Dr Marc Fillet. C’est essentiel car la prostate est un organe très profond, logé dans le petit bassin, et par conséquent difficile d’accès en chirurgie ouverte. Une meilleure vision favorise une dissection ultra-fine, ce qui permet de contrôler davantage les saignements et surtout de préserver au mieux les structures anatomiques, entre autres le sphincter et les nerfs, et donc d’obtenir ainsi de meilleurs résultats par rapport à l’incontinence et à l’érection. D’où l’engouement actuel pour cette technique qui reste toutefois difficile à apprendre et à maîtriser. Elle est toujours en cours d’évaluation, même si les résultats semblent remarquables.»




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