Le réseau européen d'études 'alimentation et cancer'

 
Le réseau européen dDes données chiffrées sur les consommations d’aliments de chaque grand groupe alimentaire seront bientôt publiées, déclarait N. Slimani (Centre International de Recherche sur le Cancer, Lyon), au cours de la dernière réunion du réseau européen d’études prospectives “alimentation et cancer” (EPIC)…

Au cours des vingt dernières années, un nombre considérable d’études rétrospectives cas-contrôles et plus récemment d’enquêtes prospectives ont été conduites pour évaluer si, dans une population donnée, le régime alimentaire est lié au risque de cancer au niveau individuel. L’ensemble des résultats collectés au cours de ces études a été revu par trois comités d’experts (1,2,3). Leurs conclusions sont similaires : ils estiment que la corrélation la plus clairement identifiée est celle reliant la consommation de fruits et légumes à la diminution du risque de cancers du tractus digestif et respiratoire. Une ingestion quotidienne de fruits et légumes induirait une diminution du risque de cancers de la bouche, du larynx, de l’œsophage et de l’estomac ; par contre, une alimentation riche en légumes - non en fruits - diminuerait le risque de cancer colorectal.

La liste des aliments à effet inducteur de cancer est heureusement très courte et se limite à la viande rouge et au poisson salé. Ce dernier accroîtrait le risque de cancer du nasopharynx tandis que la viande rouge celui du cancer colorectal. Si ces corrélations ont été clairement démontrées, par contre, les mécanismes d’action ne sont pas définis. En conséquence, la seule recommandation de santé publique pouvant être diffusée à la population générale consiste à conseiller de manger des fruits et légumes tous les jours. Pour que les autorités politiques puissent mettre au point une stratégie d’intervention nutritionnelle, il est indispensable d’approfondir cette corrélation “alimentation et cancer” d’autant plus que les observations les plus récentes insinuent qu’elle ferait intervenir des variables liées à la nutrition telles que les caractéristiques anthropométriques, l’activité physique et les variations du métabolisme hormonal (4). Une surveillance nutritionnelle et métabolique jointe à un suivi de l’évolution de l’état de santé de sujets sains permettrait probablement de faire progresser l’état des connaissances dans le domaine et de dénouer l’écheveau de ces relations enchevêtrées. C’est précisément le principal objectif du réseau européen d’études prospectives “alimentation et cancer” (EPIC) coordonné par le Centre International de Recherche du Cancer (CIRC,OMS, Lyon) lire plus




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