La dépendance à la nicotine

Le circuit de récompense
Au cours de
l’évolution, des structures spécifiquement impliquées dans le renforcement des
comportements indispensables à la survie de l’individu et de l’espèce (manger, boire, se reproduire) se sont développées dans le cerveau. Ces régions cérébrales, interconnectées entre elles, sont chargées de récompenser l’exécution de ces fonctions vitales par l’apparition d’une sensation agréable. Elles forment le circuit de la récompense dont les deux éléments principaux sont l’Aire Tegmentale Ventrale (ATV) et le Nucleus Accumbens. L’ATV reçoit de différentes régions du cerveau des signaux sur le niveau de satisfaction des besoins fondamentaux et transmet cette information au Nucleus Accumbens par l’intermédiaire d’un messager chimique particulier : la dopamine. L’augmentation répétée de cette molécule dans le Nucleus Accumbens renforce les
comportements aboutissant à la satisfaction des besoins et au plaisir.
Action des produits psychotropes
On appelle psychotrope une substance capable de modifier le
psychisme d’un individu en entraînant des changements dans ses perceptions, son humeur, sa conscience, etc. Les régions du cerveau intervenant dans les sensations de récompense et de plaisir sont particulièrement impliquées dans le mécanisme d’action de la plupart des psychotropes. Ces substances court-circuitent en effet un système normalement stimulé par des signaux naturels et génèrent un renforcement positif incitant à répéter l’expérience plaisante. Une dépendance peut alors parfois progressivement s’instaurer, en particulier lorsque différents autres
paramètres, d’ordre social ou psychologique, sont également présents. On ne peut cependant parler de réelle dépendance à un psychotrope que lorsqu’un certain nombre de critères se trouvent réunis, parmi lesquels on retrouve :
- le désir persistant pour la drogue et l’incapacité d’arrêter de la consommer ;
- le développement d’une tolérance à la drogue qui oblige l’individu à en consommer des quantités croissantes pour obtenir les mêmes effets ;
- l’apparition de symptômes de manque pour la drogue dès que l’on cesse d’y avoir accès (syndrome de sevrage) ;
- beaucoup de temps passé à se procurer la drogue, à sa consommation et à la récupération de ses effets ;
- l’incapacité à interrompre la consommation ou à la contrôler et ce, parfois même au mépris de ses propres valeurs ;
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