maintien de l’usage de la drogue, malgré la reconnaissance de problèmes physiques, psychologiques et sociaux importants créés par cet usage.
La dépendance à une substance se caractérise souvent par des périodes d'abstinence suivie de rechutes. Celles-ci surviennent le plus souvent quand les sujets se retrouvent dans le contexte qui était associé au rituel de leur dépendance. Les anciens fumeurs savent à quel point la tentation de fumer est forte lorsqu'ils se retrouvent dans des situations autrefois associées à la cigarette (après un repas, pendant un effort de réflexion, dans un bar...). D’autres facteurs peuvent cependant influencer la survenue d’une rechute longtemps après l’arrêt de la prise régulière d’un psychotrope : stress, émotions, consommation d’une petite quantité de produit.

La dépendance à la nicotine

Il existe plusieurs façons de classer les psychotropes : selon leur structure chimique, leur mécanisme d’action, l’usage récréatif ou médical, le statut licite ou illicite, etc. Mais ce sont les effets pharmacologiques sur le système nerveux de l’individu qui servent le plus souvent de critères de classification en toxicomanie. La nicotine fait ainsi partie des substances stimulantes mineures, tout comme la caféine, alors que cocaïne et amphétamines sont des stimulants majeurs. Ces substances produisent une poussée d’énergie rapide et temporaire. Elles augmentent le niveau d’éveil, l’endurance et la vivacité d’esprit. Elles peuvent aider l’usager à rester éveillé, réduire l’appétit et procurer une sensation de bien-être et d’euphorie. Certaines peuvent donner lieu à une dépendance psychologique marquée, comme la cocaïne. D’autres, comme la nicotine, à une dépendance physique. Naturellement présente dans le tabac, la nicotine imite l’action d’un neurotransmetteur naturel et se fixe dans le cerveau sur des récepteurs qui lui sont propres : les récepteurs nicotiniques. Ceux-ci sont particulièrement présents dans l’Aire Tegmentale Ventrale et leur stimulation provoque une libération de dopamine en direction du Nucleus Accumbens. La dépendance au tabac peut s’installer relativement rapidement. Elle procède de la stimulation répétée des récepteurs nicotiniques et du plaisir entraîné par les décharges de dopamine concomitantes. Toutes les caractéristiques d’un syndrome de dépendance peuvent alors progressivement apparaître, avec en particulier le phénomène de manque (sevrage), lié à la diminution de la quantité de nicotine sur ses récepteurs. Il peut survenir après une courte période d’abstinence (une nuit de sommeil par exemple, mais parfois après seulement quelques heures sans fumer) et provoque chez le sujet un état d’inconfort et d’agitation, des pensées obsédantes tournées vers son envie de fumer. Ses performances intellectuelles et ses capacités de concentration peuvent s’en trouver provisoirement affectées.

Dr Emmanuel Pinto
(reproduit avec la permission écrite de:http://www.ulg.ac.be/univairsante)




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