Les mauvaises excuses de fumer

 
Les mauvaises excuses de fumerAucun fumeur n'ignore de nos jours les dangers du tabac. Mais il est difficile pour un fumeur d’admettre qu’il est drogué, surtout quand le mot "drogue" n’est ordinairement jamais appliqué au tabac. Alors chaque fumeur y va de son explication pour justifier sa manie autodestructrice. Dans la mesure où aucune ne tient la route, ces justifications ressemblent plus à de mauvaises excuses qu’à autre chose. Leur influence peut cependant transformer une difficulté en renoncement ou pervertir purement et simplement l'ex-fumeur. Le problème est qu'on ne distingue plus le vrai du faux, et que ces mauvaises excuses perturbent donc chez le fumeur sa volonté d’arrêter de fumer. Ce sont autant de prétextes invoqués pour se soustraire à cette sage décision. Et la question de savoir comment arrêter de fumer finit par se trouver loin de l'ordre du jour. C’est pourquoi il est important de remettre les points sur les i et de comprendre tout ce que ces motifs ont d’absurde. Des plus pardonnables aux moins recevables, voici donc un échantillon des mauvaises excuses recueillies auprès de quelques intéressés. À chacun de s’y retrouver.
  • Le tabac me manque, je ressens le besoin de fumerC'est la seule explication qui soit vraiment proche de la vérité : le besoin, et l'état de dépendance, sont causés par la nicotine. Le fumeur ressent au fond le besoin d'être dans le même état de paix qu'éprouvent naturellement les non-fumeurs.
  • Je fume pour me stimuler. Globalement le tabac fait baisser énergie et tonus, et fatigue l'organisme. Comme l'alcool, le tabac paraît stimuler, mais en fait les réflexes sont amoindris.
  • C'est à cause du stress ; fumer me détend, ça me calme. En fait on ne fait jamais que se soulager du stress créé par le manque dû à la cigarette précédente. Comme les stress se confondent, on croit soulager ses maux. En vérité les fumeurs sont plus stressés que s'ils ne fumaient pas.
  • Fumer me permet d'être moins agressif. Ce qui semble vrai sur le moment est faux dans l'ensemble. Les fumeurs sont plus irritables, intransigeants ou agressifs que les non-fumeurs. Pourquoi sinon leur faudrait-il une cigarette pour se calmer, à eux ?
  • Je n'arrive pas à me concentrer si je ne fume pas. C'est le manque qui gène la concentration. Il est même prouvé que fumer diminue lentement les facultés intellectuelles. Sans compter que ça gène les mains, les yeux, et gaspille du temps.
  • Moi ? Je fume pour le plaisir. Il y a effectivement du plaisir à fumer, plaisir qui résulte de l'assouvissement d'un besoin créé artificiellement par la nicotine. Mais c'est un plaisir auquel on ne peut se soustraire : on en est l'esclave, et il est mortel...
  • Je ne peux pas m'en passer quand je conduis, ou que je joue aux cartes. C'est compréhensible car il est des situations qui appellent toutes les excuses ci-dessus : outre le besoin de fumer, on veut se stimuler, se détendre, éviter d'être agressif, se concentrer, et prendre du plaisir. Et si en plus on s'ennuie... On fume alors à la chaîne !
  • Il paraît que c'est terrible d'arrêter de fumer. Les symptômes que l'on éprouve lorsqu'on arrête, mis à part le manque, sont légers, passent souvent inaperçus, et durent trois ou quatre jours en général.
  • Je suis timide, ça me donne une contenance. La cigarette aide à avoir une contenance, mais qui trompe rarement son monde. Et « la timidité, le fait d'être réservé, peut donner beaucoup de charme, suivant la façon dont on l'emploie1. » Rien de tel que le naturel...
  • Si j'arrête il faudra que je me passe de mes amis fumeurs. Il est envisageable d'éviter de les voir pendant un certain temps. Mais peut-être peut-on aussi expliquer à son entourage sa nouvelle position de non-fumeur, et gagner ainsi son indulgence, voire son aide, voire son ralliement.
  • Si j'arrête, plus rien ne me semblera comme avant. Bien-sûr, puisque l'on redevient non-fumeur. Un plaisir de perdu, d'autres plaisirs retrouvés. Il faut être optimiste parce que les avantages viendront lentement, discrètement (mais sûrement). Seul un coup d'œil avisé les remarquera.
  • Les jeunes : c'est pour m'opposer à mes parents. Les jeunes sont plus souvent considérés comme des gosses que pour ce qu'ils sont : des adultes débutants. Et devoir obéir à d'autres adultes c'est la plaie. Mais obéir au tabac, est-ce mieux ?
  • Fumer, ça vous pose un homme, ça fait adulte. Diogène, une lanterne allumée à la main, dans la rue et en plein soleil, disait : « je cherche un homme... » Être adulte et avoir l'air fou ou avoir l'air adulte mais être fou ? ...À méditer.
  • Ça permet de faire de profondes inspirations sans vexer. C'est vrai que parfois on a besoin de respirer à fond, et que ça donne l'impression que l'on s'ennuie... si on s'y prend mal. Fixer attentivement son interlocuteur dans les yeux donne le change.
  • C'est bien de pouvoir offrir ou recevoir une cigarette. Certes ça aide les contacts. Mais est-ce si sympa d'offrir le cancer?...
  • Si c'est si dangereux de fumer, pourquoi n'est-ce pas interdit. L'habitude est prise depuis trop longtemps pour pouvoir interdire de fumer du jour au lendemain. De plus quatorze millions de Français sont concernés. Et aussi ça rapporte au moins neuf milliards par an à l'État.
  • Et pourquoi la marijuana est interdite. Le cannabis qui pousse en France ne produit pas de principe actif (le DELTA9THC) et ne sert donc que l'industrie cellulosique. Sa consommation est donc restée limitée puisqu'il faut l'importer. Il est donc plus facile de l'interdire. Et elle ne rapporterait rien à l'État...
  • Entre les repas, fumer me sert de coupe-faim. La nicotine, par son effet anorexigène, est effectivement un coupe-faim. Mais quel mal y a-t-il à manger entre les repas ? C'est ce qu'on y mange qui compte...
  • Si j'arrête, je vais prendre du poids. Libéré de la nicotine on digère mieux, et les fumeurs reprennent en moyenne les deux kilos qui leur manquaient. Seuls grossissent ceux qui (un sur quatre) succombent à la tentation classique de compenser le manque par les sucreries. Quelques années après avoir arrêté on retrouve généralement son poids normal.
  • J'aime le goût de la cigarette, l'odeur du tabac, les sensations dans les poumons. Oui... le plaisir de la succion, des volutes de fumée, des cendres rougeoyantes, de tripoter cigarettes et accessoires ; la chaleur dans la bouche, le contact avec les lèvres, le plaisir du feu... Ok ! C'est sensuel. Mais n'y a t-il pas d'autres plaisirs tout aussi jouissifs et nettement moins nocifs ?...
  • J'aime fumer pour accompagner les plaisirs de la vie. Pourtant on y perd le goût des aliments, du vin, lire plus




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