Le cholestérol en “selles”
L’inhibition de l’absorption intestinale du cholestérol (près de 36%) par les phytostérols est due à la grande similitude des propriétés physico-chimiques de ces composés avec celles du cholestérol. En effet, l’augmentation de la quantité de phytostérols dans la lumière intestinale entraîne une diminution de la micellisation du cholestérol (alimentaire et endogène) et donc de sa solubilité. Le cholestérol précipite et son excrétion fécale augmente. Le foie réagit rapidement et se met à produire du cholestérol pour compenser les pertes fécales. Cependant, cette compensation n’est pas totale et est conjuguée à la production hépatique de récepteurs au LDL-cholestérol, processus qui conduit à la diminution effective de son taux circulant. Pourrait-t-on croire dès lors en une influence à long terme des phytostérols sur l’athérosclérose ? Oui, selon le Prof Bruckert, des travaux récents ont en effet indiqué une réduction de la taille des lésions de l’aorte chez la souris et une diminution dose-dépendante de la formation de la plaque athéromateuse chez le lapin. Ces résultats prometteurs demandent encore confirmation chez l’homme.Un miracle de la nature ?
Si l’effet des margarines enrichies aux phytostérols et aux phytostanols est séduisant, il ne constitue pour autant pas la panacée. Le bénéfice des phytostérols se mesure surtout (mais pas exclusivement) chez des sujets qui présentent un taux de cholestérol bien au-dessus de 190 mg/dl et dans le cadre d’ une alimentation équilibrée. Il est en outre limité, compte tenu de la courbe effet-dose qui forme un plateau au-delà de 3 g de phytostérols. Le cholestérol n’est pas le seul perdant dans la lutte pour l’absorption. Le lycopène et le bêta-carotène écopent aussi, les vitamines A, D, E et K restant somme toutes épargnées. Quand bien même, comme la multiplication des pains dans la bible, l’arrivée d’une multitude de dérivés de ces margarines (mayonnaise, crème, fromage…) est probable. Comment pourra-t-on dès lors contrôler et éviter la surconsommation ? Il importe donc de surveiller le marché d’autant plus que l’emploi de telles margarines ne se justifie pas chez la femme enceinte et chez l’enfant, qui ont des besoins spécifiques, notamment en cholestérol et en vitamines liposolubles.La nutrition préventive, cela s’apprend aussi !
Par Nicolas Rousseau
" HEALTH & FOOD " numéro 46,
Avril-Mai 2001
(reproduit avec la permission écrite de:http://www.healthandfood.be)


