3 semaines, dans le cadre d’un régime adapté. Une action dont l’efficacité est prouvée à court terme et à long terme et qui n’est pas influencée par la fréquence de consommation (1, 2 ou 3 prises par jour par exemple).

Un bon cœur de cible

L’intérêt des aliments enrichis en phytostérols est aussi de conjuguer des actions auprès d’une large cible de patients. Ils réduisent le taux de cholestérol à la fois chez les personnes présentant une hypercholestérolémie modérée que chez les enfants atteints d’hypercholestérolémie familiale, les diabétiques de type 2 ou les patients sous statines. L’effet hypocholestérolémiant des stérols végétaux se veut par ailleurs complémentaire de l’administration de cette classe de médicaments, à condition évidemment d’adopter une alimentation pauvre en matières grasses. Il semblerait aussi qu’il pourrait exercer une influence favorable, comme les statines, sur la fonction endothéliale, mais ces résultats doivent être confirmés. Certaines études montrent par ailleurs leur utilité chez les personnes en excès de poids au régime et traités par fibrates. L’action est observable aussi bien chez la femme que chez l’homme. Enfin, des questions ont été posées récemment sur l’efficacité des aliments enrichis en phytostérols pauvres en matières grasses comme les yaourts ou les fromages frais. Une interrogation assez logique dans la mesure où les esters de stanols et de stérols sont solubles dans les graisses. Des inquiétudes qui ont été surmontées par la publication de plusieurs travaux scientifiques récents démontrant la conservation de l’efficacité de ces produits dans ce type de produits laitiers. Les seules incertitudes qui entourent encore aujourd’hui l’impact des phytostérols pour la santé sont liées à l’absorption d’une petite fraction de stérols végétaux (ce n’est pas le cas des stanols) et l’augmentation du taux sérique associé, voire l’effet sur l’absorption des vitamines liposolubles et des caroténoïdes. Jusqu’à preuve du contraire, la sécurité des stérols et stanols végétaux n’est pas remise en cause, les pertes de vitamines demeurent modestes et leur tolérance est prouvée. Mieux, l’épidémiologie plaide largement en leur faveur, elle qui montre qu’une réduction de 10% du cholestérol total est associée à une diminution du risque de maladies coronaires de 20 à 50 %, en fonction de l’âge. Une balance bénéfices/risques qui plaide donc largement en faveur de ce type de composés.

Pas d’aliment miracle !

Un solide faisceau d’arguments nourrit l’usage aujourd’hui bien accepté des aliments enrichis en phytostérols. Alors, au patient de choisir la margarine, le yaourt ou le fromage frais qu’il préfère? Il reste cependant au praticien de le mettre en garde sur les risques d’une utilisation inadaptée de ce type de produits. Rappelons-le, ceux-ci n’ont de réel intérêt que dans le cadre d’une alimentation pauvre en graisses et ”riche” en graisses de qualité. Mieux vaut donc toujours conseiller d’alterner les sources de corps gras, et de ne pas oublier non plus dans le cas des margarines que cela reste de la matière grasse, et que leur consommation doit demeurer raisonnable. Attention également : les femmes enceintes ou allaitantes ont des besoins nutritionnels particuliers et doivent éviter de consommer ce type de produits. Pour les enfants, la seule indication est celle d’une hypercholestérolémie familiale. Pour éviter les problèmes de cholestérol, yaourt ou margarine ”santé” ne résoudront donc pas tout, en clair, il n’existe pas d’aliment miracle !

Par Nicolas Rousseau

" HEALTH & FOOD " numéro 76, Mars/Avril 2006
(reproduit avec la permission écrite de:http://healthandfood.be)




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