Dépendances moins connues

Le mangeur compulsif
Le DSM-IV définit la boulimie comme étant un comportement caractérisé essentiellement par des épisodes de «grande bouffe». L'individu a conscience du caractère anormal de sa conduite alimentaire ; il a peur de ne pas pouvoir s'arrêter volontairement de manger. Ses excès, qui peuvent survenir rapidement, en cachette, sont suivis d'une humeur dépressive, d'une perte d'estime de soi et de culpabilité. L'individu peut avoir recours aux vomissements ou aux laxatifs pour diminuer les douleurs physiques causées par les excès, ou encore pour lui permettre de continuer à manger. Le mangeur compulsif est souvent préoccupé par son poids et il fait des tentatives répétées de se mettre à la diète.
Le perfectionniste pathologique
Cet individu a des exigences très élevées envers lui-même. De nature généralement très anxieuse, il ne peut se permettre de commettre des erreurs. Il doit donc être parfait malgré l'impossibilité de pouvoir atteindre cet objectif. Il n'est jamais satisfait et juge toujours ses efforts insuffisants à cause de ses critères de réussite trop élevés. De plus, il réagit généralement très mal aux critiques. Le perfectionniste pathologique a surtout besoin de plaire aux autres, s'évitant ainsi d'être jugé négativement. La peur de l'échec l'effraie beaucoup plus qu'un succès réel. Puisqu'il lui arrive d'être aussi exigeant envers les autres qu'envers lui-même, il éprouve des difficultés relationnelles importantes. Il cherche avant tout à compenser sa faible estime de soi.L'ergomane
(travailleur compulsif, «workaholic»)L'ergomane privilégie avant tout le travail et la productivité. Il accorde peu de temps aux loisirs et aux relations interpersonnelles ; s'il envisage une activité liée au plaisir, c'est qu'il juge qu'il la mérite. Cet individu a une forte tendance à remettre à plus tard toute activité agréable comme les vacances, les sorties, les repas au restaurant. Il parvient difficilement à se détendre. En outre, il ignore le ressentiment et la peine que cette attitude provoque chez le conjoint ou dans la famille. Sa préoccupation principale se porte sur l'efficacité, les règles : toute activité non reliée au travail est à ses yeux sans grande importance.
Texte écrit par Jean-Pierre Rochon M.Sc., psychologue et auteur


