Typologie des consommateurs
- Groupes de jeunes : en "boîtes", en remplacement de l'XTC (réputée impure, de qualité inégale et parfois peu disponible) de la marihuana, la cocaïne apparaît comme un produit récréatif bon marché. Ce sont donc des consommations de week end qui peuvent dégénérer vers des consommations compulsives.
- Groupes d'adultes : milieux "branchés" plus riches. Consommation concomitante de cocaïne et d'alcool. L'alcool atténue la dépression consécutive à la descente, mais augmente les risques relativement à la fonction hépatique et cardiaque.
- Groupes de consommateurs de crack : effet puissant et accrochage rapide. Certains de ces consommateurs deviennent dépendants à l'héroïne (en fumette ou en injection) afin de compenser la descente. Une poly toxicomanie peut s'installer en quelques semaines.
- Usagers traités à la méthadone : consommation d'héroïne afin de retrouver des sensations. Parfois, précisément pour réveiller des sensations liées à la sexualité qu'un apport plus ou moins important de méthadone inhibe. Cela me rappelle ce que m'a dit un jour un ancien usager devenu éducateur à Paris : "la méthadone fait le lit du crack".
Traitement de l'intoxication aiguë
Le traitement sera avant tout symptomatique : perfusion de valium i-v pour calmer les convulsions. Une assistance respiratoire est instaurée. L' injection d'atropine, anti cholinergique - parasympatholytique, provoque une tachycardie, (utile pour soutenir la fonction cardiaque), calme les tremblements (syndrome parkinsonien), provoque une bronchodilatation favorisant la ventilation pulmonaire . La chlorpromazine (Largactil) diminue les manifestations paranoïaques aiguës liées à l'intoxication aiguë. Les neuroleptiques sont des antagonistes de la dopamine. Leur administration réactive la biosynthèse de la dopamine pour contrecarrer cet effet antagoniste. Le processus dopaminergique est donc ainsi réactivé.Traitement de l'intoxication chronique
Comme ont vient de la voir, les états paranoïaques peuvent être traités par un neuroleptique antagoniste dopaminergique. Un remède pharmacologique de substitution n'existe pas actuellement.
Un "vaccin anti cocaïne" ?
On parle d'un "vaccin anti cocaïne" qui serait en préparation. Des chercheurs mettent au point une molécule qui minimise le plaisir ressenti, compense l'effet de manque et réduit les risques de rechutes. Vaccin, car il y aurait production d'anticorps contre la cocaïne afin de bloquer les effets de la drogue lors d'une prise ultérieure. Le principe général est que le système immunitaire produise, via le vaccin, des anticorps qui attaquent la molécule de cocaïne et l'empêche d'atteindre sa cible. Il convient de se méfier du terme "vaccin". Il s'agirait plutôt d'une aide au sevrage que d'un médicament à effet préventif. Autres approches pharmacologiques :- Antidépresseurs : tricycliques (type Anafranil) et SSRI (inhibiteurs spécifiques de la recapture de la sérotonine) (type Prozac) et inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (type Efexor)
- Neuroleptiques : Etumine
- Benzodiazépines. (Permettent de "maintenir le contact entre les centres de soins et les usagers).
Syndrome de sevrage
Pour la cocaïne, comme d'ailleurs pour les autres stimulants du S.N.C, il n'y a pas de dépendance physique donc de syndrome de sevrage comme celui qu'on observe avec les opiacés. Les " cocaïnomanes graves " deviennent irritables et présentent des symptômes paranoïdes (c'est-à-dire : tenant de la paranoïa qui est le délire chronique systématisé avec conservation de la clarté et de l'ordre dans la pensée).Une dépression s'installe (" cocaïne blues "). D'où, prescription de neuroleptiques, d'antidépresseurs tricycliques et précautions contre les tentatives de suicide. (reproduit avec la permission écrite de:http://users.skynet.be/toxicomanie)


