ne se positionnent pas comme garants des interdits et limites qu’ils ont choisis comme étant bonnes de faire régner dans leur famille (et par extension dans la société dans laquelle ils vivent). Ceci au nom du consensus, issu de cette crainte du conflit dans laquelle nous vivons. Tant au niveau social qu’au niveau familial, nous évitons les conflits. C’est comme s’il fallait à tout prix se mettre d’accord ; que parents et enfants décident ensemble d’un consensus, aient les mêmes visions et objectifs d’avenir. On serait tenté de dire : être comme des frères.

La « barrière » des générations tombe

Pourtant la différenciation entre parents et enfants est utile à l’enfant pour grandir, c’est en s’y confrontant et en s’y appuyant qu’il peut se construire une image et une personnalité adulte et indépendante.

Quel rôle joue la société ?

L’accès facilité aux études, aux médias, à la connaissance du monde… génère une augmentation des exigences en terme de performances, de réussite personnelle « avec tout ce dont disposent les jeunes d’aujourd’hui ils n’ont pas de raisons de ne pas réussir ! ». Le champ des choix est vaste, mais il faut les assumer ; le champ des libertés est vaste, mais il faut prendre ses responsabilités. Ceci dans un monde social et familial qui tente d’éviter les conflits et qui peine à poser des limites et à garantir des interdits clairs. « Vais-je être à la hauteur ? » Question angoissante que peuvent se poser les adolescents d’aujourd’hui. « Vais-je pouvoir répondre aux attentes ? Suis-je déjà suffisamment performant pour continuer à grandir, pour devenir autonome ? Vais-je pouvoir être suffisamment compétant pour être indépendant ? ».

Dépendance sociale

Les adolescents maintiennent une forme de dépendance aux parents en habitant de plus en plus longtemps chez eux ainsi qu’à l’école en prolongeant le temps d’études. Le lien de dépendance au cannabis est, par contre, doublement paradoxal. Cette dépendance au produit se fait, premier paradoxe, tout en revendiquant une forme d’indépendance par un choix illégal, et, deuxième paradoxe, dans un environnement social qui a de la peine à garantir l’interdit. Ainsi les adolescents nous montrent la propension à la dépendance que favorise notre société et le devoir d’éclaircissement des limites, des interdits, des différences générationnelles que doivent assumer les adultes.

Tentative de résolution

Pour répondre à cette « nouvelle vague » de demandes, l’approche systémique nous semble tout à fait adéquate.
Il est impossible d’isoler l’adolescent des systèmes auxquels il appartient : principalement système familial et système de formation. De plus, c’est au sein même de ces systèmes que les dysfonctionnements présentés opèrent. Nous donnons donc trois axes principaux à nos interventions :
L’approche familiale est le fil rouge de ces suivis ponctués par l’accompagnement individuel et les réseaux extérieurs (école, emploi, …). Les principaux objectifs sont de restaurer la confiance et l’estime de soi par le travail individuel centré sur les compétences de l’adolescent. Remettre à un niveau réaliste les exigences de formation scolaires, professionnelles ou sportives « imposées » par l’adolescent et son entourage.Aider les parents à se positionner clairement face à leurs enfants en garantissant des limites sécurisantes. Restaurer une communication souvent perdue au sein de la famille tout en repositionnant ses différents membres dans la « hiérarchie » générationnelle familiale.
(reproduit avec la permission écrite de:http://www.drop-in.ch)




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