Dépendants Affectifs Anonymes (DAA)
Enfant d'adultes, de parents alcooliques et de famille dysfonctionnelle (EADA)
Pharmacodépendants Anonymes (PA)
Plusieurs de ces
communautés ont vu le jour dans le sillon du mouvement Alcooliques Anonymes. Elles ont répondu à un besoin ponctuel dans le temps ; par exemple, Cocaïnomanes Anonymes a été fondé suite à la montée croissante de l'usage de la cocaïne. Ces communautés proposent un programme en 12 étapes dont le principe fondamental est que l'individu doit admettre son impuissance devant la «substance» et qu'il a perdu la maîtrise de sa vie. Il doit confier sa volonté, ses déficiences, à une puissance supérieure, telle qu'il la conçoit. De plus, ces programmes ont tous une dimension de «travail sur soi » dont, entre autres, reconnaître ses torts, les admettre, s'amender, faire un inventaire moral et minutieux de soi-même. Après avoir été aidé, l'individu aidera à son tour un autre individu à se rétablir. Le phénomène d'identification est très important, c'est-à-dire qu'il est préférable pour un
alcoolique de fréquenter Alcooliques Anonymes pour entendre un langage et un discours propres à l'alcool ou pour un cocaïnomane d'aller chez Cocaïnomanes Anonymes pour un discours propre à la cocaïne, et ainsi de suite. Nous croyons fermement à la puissance du groupe qui peut faire déclencher chez l'individu des éléments psychologiques et comportementaux ainsi que des prises de conscience souvent inespérées. La valeur thérapeutique d'une personne touchée par une problématique et sa capacité d'en aider une autre sont des éléments considérables. Les conjoints ont aussi accès à leurs propres
ressources. Chacun des mouvements anonymes a son pendant pour les conjoints et les familles, comme par exemple Al-Anon pour ceux dont le conjoint a une dépendance à l'alcool, Sex-Anon pour ceux dont le conjoint a une dépendance au sexe. Il est fortement recommandé que le conjoint de la personne dépendante fasse une démarche personnelle. Ceci lui permettra de comprendre la maladie de son conjoint, d’apprendre comment agir avec ce dernier, d’apprendre à éviter d'être moralisateur, et surtout d’apprendre à ne plus être victime de la
manipulation de la personne dépendante. La dépendance est une maladie. Il est illusoire pour un conjoint de croire qu'avec son amour, il sauvera la personne dépendante. Mentionnons que le conjoint a parfois certains avantages à ce que le dépendant fasse une rechute : il peut ainsi exercer, consciemment ou non, un contrôle sur l'individu dépendant ou lui faire comprendre une fois de plus la nécessité d'arrêter sa consommation.
Texte écrit par Jean-Pierre Rochon M.Sc., psychologue et auteur