Alcool & Cancer

L'alcool: situation du problème
Des études épidémiologiques ont montré que, dans les pays développés, environ 3 % du nombre des décès consécutifs à un cancer seraient dus ou liés à l’abus d’alcool. Dans certains pays, comme la France, ces chiffres peuvent atteindre jusqu’à 20 % chez les
individus de sexe masculin. Il existe peu de domaines dans lesquels on ait effectué autant de recherches épidémiologiques. Bien qu’il y ait une nette tendance à la sous-estimation de la consommation d’alcool de la part des individus étudiés, surtout lorsque cette consommation est importante, les
scientifiques sont parvenus à obtenir des résultats fiables.
Mécanismes d’action
Par lui-même, l’alcool ne semble pas être cancérigène. Dans l’organisme humain, il est toutefois bel et bien à même de favoriser l’apparition des cancers de manière indirecte, par l’intermédiaire de mécanismes particuliers. On cite notamment l’apparition de
cancers suite à des
carences alimentaires dues à la consommation d’alcool. En outre, il faut également tenir compte d’une atteinte possible des muqueuses qui, par exemple au niveau de
l’œsophage, se trouvent directement en contact avec l’alcool. Une autre possibilité est que l’alcool ralentisse la réparation de l’ADN (substance chimique qui contient l’information génétique) lorsque celui-ci est endommagé par des substances cancérigènes. Enfin, on a identifié plusieurs autres mécanismes possibles, mais de nombreuses études montrent que l’effet de l’alcool sur l’apparition de cancers semblait directement liés à la localisation de ces cancers. Il est de plus en plus évident que l’effet carcinogène (= cancérigène) de
l’alcool est accru si celui-ci est associé au tabagisme et à une mauvaise alimentation, par exemple à une consommation insuffisante de fruits et légumes ou à un déficit en protéines. Le risque de cancers liés à une consommation modérée d’alcool chez les individus en bonne santé et non fumeurs semble être négligeable.
Consommation modérée d’alcool
Bien que le lien de cause à effet unissant l’alcool et le cancer soit le plus évident chez les grands buveurs, il existerait cependant un rapport entre une
consommation modérée d’alcool et le cancer du sein chez les femmes. Ce serait surtout le cas chez les femmes qui présentent un risque accru de cancer du
sein (cancer du sein dans la famille, pas d’enfant, premier enfant après trente ans, premières règles avant l’âge de douze ans, ménopause après cinquante-cinq ans, femmes âgées de plus de cinquante ans). Une étude a constaté une augmentation du nombre de cas de cancers du gros intestin, même à partir d’une seule
boisson alcoolisée par jour, mais d’autres travaux contredisent ces résultats. Des recherches complémentaires sont donc indispensables.