Certains signaux de l'environnement activent la libération de dopamine et déclenchent alors la recherche de la récompense

Chez un chat habitué à son environnement, le même effet est obtenu par l'ouverture de la porte de l'animalerie, annonce de l'arrivée de la
nourriture. Cette activation des neurones libérant la dopamine s'accompagne d'un changement dans le comportement de l'animal, qui initie un mouvement destiné, selon toute vraisemblance, à atteindre la récompense . Dans ce dernier cas, les neurones libérant la
dopamine sont donc devenus, par apprentissage, plus réactifs à la signification d'un signal qu'au signal lui-même. Par analogie, on peut supposer que l'homme constitue au fil des ans une chaîne de signifiants, analogue à une "rose des vents" des plaisirs, autour des neurones à dopamine. C'est, par exemple, le rouge à lèvres qui évoquera la bouche d'une femme, associée elle-même à une satisfaction physique... Les neurones libérant de la dopamine sont d'abord activés par les caractéristiques primaires de la récompense, comme l'odeur, la forme, la texture. Ces divers traits sont progressivement associés à certains signaux de l'environnement. Après l'apprentissage, la seule présence de ces signaux active la libération de dopamine qui, en retour, permet de déclencher un comportement adapté à l'obtention de la récompense. La dépendance peut s'expliquer si la drogue active artificiellement cette chaîne de signifiants. De fait, chez les rats, après l'injection d'
opiacés ou de psychostimulants, l'augmentation du taux de dopamine dans le noyau accumbens est parfaitement corrélée avec le changement du comportement. L'animal explore sa cage de façon compulsive, activité locomotrice que l'on peut mesurer avec précision grâce à des cellules
photoélectriques. Ce regain d'activité est-il lié à la satisfaction apportée par le produit, comme on en a souvent fait l'hypothèse? On peut plutôt considérer que la drogue, en activant la libération de dopamine, reproduit les signaux qui informent l'animal de l'existence d'une récompense. Le rat se met alors à la rechercher. Et l'effet se renforce au fil des prises. Dès 1973, deux chercheurs de l'université du Michigan, à East
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