Petite histoire du sucre
De 1840 à 1974 la consommation de sucre en Europe est passée de sept grammes à cent huit grammes par jour et par personne. Dans la même période la consommation des cigarettes, rien que pour la France, est passée de moins de un million à quatre vingt deux milliards par an. Simple coïncidence ?- Oh que non ! En fait notre organisme n’est pas adapté pour amortir l’absorption de sucre pur sans quelques conséquences. Et cela parce que le sucre n’est apparu que très récemment dans l’histoire humaine. Originaire de l’Inde et de la Chine du Sud la canne à sucre n’a abordé, grâce aux Perses, la Méditerranée que vers le VIe siècle - ce qui est très récent dans l’histoire du corps humain. Celui-ci en effet n’en a pas tant besoin et élimine du sang systématiquement et rapidement toute trace de sucre blanc (appelé aussi sucre rapide) que nous avalons - jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un gramme par litre de sang. Et c’est à cause de la rapidité de cette élimination que nous ressentons des effets semblables au manque de tabac (fébrilité, faim, angoisse, nervosité, maux de tête, etc.) ou encore semblables au diabète. Ce n’est pas que nous ayons forcément le diabète (taux de sucre trop bas dans le sang) mais le taux chute trop vite. « Plus la baisse est rapide, plus vous en ressentez les symptômes. » Cela fait le même effet qu’à bord d’un avion qui descend trop vite. Résultat : le sucre est une des causes des symptômes du manque, et en manger donne envie de fumer.Encore des explications
D’une part donc, sucrer fait fumer. D’autre part le tabac, les excitants et les condiments, nous l’avons compris, contiennent tous des alcaloïdes qui suscitent aussi les envies de fumer. Mais ce qu’il faut savoir également c’est que tous ces produits - y compris le tabac - augmentent de surcroît le taux de sucre dans le sang, artificiellement, sans que l’on ait avalé de denrée sucrée.Cela explique irrévocablement l’interdépendance étroite qu’il y a entre le tabac, le sucre, les excitants du système nerveux et l’envie de fumer. Dernier point : les effets de ces aliments sur les envies de fumer ne « s’additionnent pas, mais se multiplient. » Cela signifie qu’il suffit d’ajouter à son ordinaire un seul des ingrédients cités plus haut, pour que les envies de fumer accusent une hausse prépondérante. (reproduit avec la permission écrite de:http://eurolivres.vpc.free.fr/TOBACOSTOP)


