Concepts de craving, manque, manque conditionné et tolérance

Définition du terme "craving"
En anglais, selon le dictionnaire "Harrap's", "to crave" se traduit par : désirer ardemment, réclamer, avoir l'envie furieuse de. Et "craving" se traduit par : désir ardent, appétit insatiable pour, passion de, besoin de. Le craving à l'alcool, comme d'ailleurs aux autres drogues addictives, c'est donc ce besoin
sans limites qu'éprouve la personne qui en dépend psychiquement ou (et) physiquement d'en consommer. Ce n'est pas la dépendance ou l'assuétude à cette drogue, c'est la conséquence de cette assuétude.
Effets renforçants des drogues
Le
craving est la conséquence de l'assuétude, laquelle trouve son origine dans les renforcements procurés par le produit. En fait, les effets renforçants des drogues peuvent être vus comme "positifs" (prendre la drogue pour en tirer un effet agréable, une "récompense") et "négatifs" (prendre la drogue pour
éviter les conséquences du manque).
Mécanismes induisant le craving
Dans le premier mécanisme de craving, l'expérience répétée d'effets renforçants positifs entraîne un
désir compulsif de ces effets et s'associe avec une pensée continuelle aux effets de la drogue, comment obtenir des approvisionnements en drogue etc., avec le résultat que la vie en vient à ne plus se centrer que sur l'expérience de drogue. Ce concept s'intègre dans un concept plus large de
dépendance psychologique aux drogues. Dans le second mécanisme, l'expérience répétée de la capacité de la drogue à inverser les signes précoces et les symptômes de manque devient la motivation importante de reprendre de la drogue, et cette suppression du symptôme de manque fait partie intégrante du concept de dépendance physique. Cependant, il ne peut expliquer le "craving" pour une drogue chez un patient qui a été désintoxiqué et ne prend plus de drogue depuis longtemps.
Le manque et le manque conditionné
Quand le patient est
désintoxiqué, les symptômes aigus de manque ne sont plus un problème, mais un mécanisme de craving peut s'initier par un phénomène de "manque conditionné". Ce n'est pas aisé à expliquer, mais c'est essentiel pour toute discussion sur le craving et particulièrement si on veut comprendre le mécanisme d'action des médicaments "anti-craving". Certaines explications neurochimiques du manque conditionné dépendent du concept que l'administration répétée de drogue induit des changements adaptatifs dans le cerveau. (" processus d'opposition") qui sont conçus pour s'opposer aux effets chimiques aigus de la drogue. Comme le comportement de prise de drogue est répété, (particulièrement s'il se produit dans les mêmes conditions), la réponse adaptative devient conditionnée au
comportement et aux conditions, et ensuite, ces situations d'ambiance et de comportement seules, donc même sans la drogue, deviennent suffisantes pour que l'adaptation se manifeste. C'est à dire que si un individu adopte le même comportement dans le même cadre mais ne consomme pas de drogue à ce moment, une adaptation conditionnée se déclenchera, mais dans ce cas, cette altération dans la chimie du cerveau ne sera pas compensée par la présence de la drogue. Ainsi, les conséquences neurochimiques directement opposées à celles que devrait produire la drogue sont mises en action, ce qui jette l'individu dans un "syndrome de manque conditionné" . Ce phénomène se produira même
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