Drogues, alcool et leurs méfaits

L’usage de drogues injectées et le sida
Au début des années 1980, on a reconnu que les personnes qui s’injectaient des
drogues illégales couraient un grand risque de contracter le VIH. Le partage d’aiguilles et de seringues souillées est l’une des principales façons par lesquelles le virus se propage parmi ce groupe. Ce risque élevé de propagation du VIH peut être aggravé par des contacts sexuels à risque élevé entre les usagers de drogues injectées et entre ces derniers et d’autres personnes. Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, jusqu’à 60 p. 100 des cas de VIH transmis par contact hétérosexuel sont directement ou indirectement liés à l’usage de drogues injectées. Aux États-Unis, les usagers de drogues injectées représentent 20 p. 100 des cas de sida signalés. Au Canada, on estime que de 50 000 à 100 000 usagers de drogues injectées courent le risque de contracter le
VIH par
l’intermédiaire d’aiguilles contaminées.
Les programmes d’échange de seringues
Il est reconnu qu’une des façons importantes de limiter la
propagation du VIH est de fournir aux usagers de drogues injectées des aiguilles et des seringues stérilisées. Cette stratégie de réduction des méfaits tire son origine du principe suivant : bien que de nombreux usagers de drogues injectées ne veuillent pas arrêter de prendre de la drogue ou en soient incapables, on peut néanmoins les aider en réduisant le risque de conséquences sérieuses sur la santé. L’un des premiers programmes d’échange de seringues a été établi à Amsterdam en 1984 par un groupement d’usagers de drogues appelé «Junkie Union». Aujourd’hui, on trouve de tels programmes en Australie, en Amérique du Nord, au Royaume-Uni et dans plusieurs pays européens. Des études menées auprès des clients des programmes d’échange de seringues ont démontré que ces programmes font
décroître avec succès la fréquence du partage des seringues et d’autres comportements risqués. Il est plus difficile de prouver directement que l’échange de seringues fait baisser les taux d’infection. Néanmoins, dans les villes comme Toronto et Vancouver, où ces programmes ont été établis assez tôt au début de l’épidémie du sida, les taux d’infection par le VIH sont demeurés de 2 à 5 p. 100 parmi les usagers de drogues injectées. Par contre, on estime qu’à New York, où l’échange de seringues est illégal, la prévalence du virus du sida parmi les usagers de drogues injectées est aussi élevée que 60 p. 100. Les programmes d’échange de seringues peuvent également jouer un rôle important lorsqu’il s’agit, pour l’usager de drogues, d’obtenir d’autres services de santé. Les programmes d’échange sont plus efficaces s’ils appuient la prévention du sida en fournissant des condoms et des renseignements sur la sexualité et l’usage de drogue à risque moins élevé. Ils peuvent également aider l’usager à obtenir d’autres
services sociaux ou de santé, y compris des traitements de toxicomanie.
Une approche globale
Dans la région de Mersey au nord-ouest de l’Angleterre, on met en oeuvre de façon unique les principes de la
réduction des méfaits dans le domaine des drogues illégales. En effet, on a intégré un certain nombre de stratégies individuelles dans une approche globale de la réduction des méfaits. Cette approche
lire plus