Les raisons d’une telle progression
L’augmentation de la pathologie diabétique (essentiellement le diabète sucré de type 2) dans le monde est fortement corrélée à l’épidémie de surpoids et d’obésité gagnant l’ensemble des populations. On sait, aujourd’hui, que le surpoids et l’obésité sont les principaux facteurs de risques associés aux maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, diabètes, cancers…). La complication majeure entraînée par l’excès de poids étant l’augmentation, très forte, de la prévalence des cas de diabète non insulino dépendant (diabète sucré de type 2). L’obésité est définie, par l’OMS, comme un excès de graisse corporelle dans les tissus adipeux sous forme de triglycérides, qui est associé à une augmentation du risque de morbidité et de mortalité. Un indice de masse corporelle (IMC), (ou indice de Quételet), a été défini pour le surpoids et l’obésité :
IMC = Poids (en kg) / (Taille)² (en m²)
Le surpoids correspond à un IMC›25 kg/m², l’obésité IMC ›30 kg/m², une obésité extrême IMC ›40 kg/m². Dans les pays développés, l’augmentation très forte du surpoids et de l’obésité (en moyenne 15 à 20 % des adultes) est la cause principale des très importantes prévalences de diabète dans les populations. Ce surpoids est causé principalement par un bilan énergétique excédentaire et une baisse de l’activité physique. Cet excédent calorique est dû à l’augmentation de la ration lipidique, en raison de la forte densité énergétique et de la faible régulation de ces ingérés lipidiques (les lipides pouvant représenter 30 à 40 % des apports caloriques de la ration alimentaire des pays industrialisés). Dans les pays en développement l’explosion de l’épidémie de diabète, ainsi que des autres maladies chroniques, est la conséquence directe de l’apparition massive du surpoids et de l’obésité. Ce phénomène a débuté dans les années 70-80 en Amérique latine, a gagné ensuite l’Asie et frappe fortement l’Afrique depuis quelques années. Ce sont principalement les villes de ces pays qui sont touchées. En Afrique 1 femme sur 4 et 1 homme sur 6 sont touchés en milieu urbain, taux qui devient inférieur à 10 % en milieu rural. Pour les pays en développement cette explosion de l’obésité, qui implique autant les classes aisées que les classes populaires, est essentiellement reliée à l’apparition d’une transition nutritionnelle progressive. La transition nutritionnelle est définie comme une modification progressive des régimes alimentaires, avec notamment une nette augmentation de la consommation de matières grasses d’origine animale. Autrefois les régimes traditionnels comportaient 20 % d’énergie lipidique, aujourd’hui ce chiffre évolue vers 30 à 40 % (valeur des pays développés). Cette transition trouve son origine dans l’augmentation des revenus des populations, mais surtout dans l’évolution des modes de vie avec la très forte croissance de l’urbanisation (la croissance moyenne des villes africaines est aujourd’hui proche de 10 % par an).
Enfin l’accroissement de l’obésité dans les pays du sud, donc de l’apparition de maladies chroniques comme le diabète, est renforcée par l’augmentation de l’espérance de vie ainsi que la croissance de la sédentarité.


