test pour évaluer la vasodilatation dépendante de l’endothélium. Un dysfonctionnement endothélial est, en effet, de plus en plus considéré comme un facteur prédictif du risque cardiovasculaire. Les chercheurs ont constaté qu’après le repas à l’huile d’olive riche en composés phénoliques (400 ppm), la fonction endothéliale était significativement améliorée, de même que l’oxyde nitrique (NO). Bien qu’il s’agisse d’une petite étude, elle révèle que les composés phénoliques de l’huile d’olive vierge-extra bénéficient de propriété vasorelaxantes, ce qui est susceptible de contribuer à la « cardioprotection » de l’alimentation méditerranéenne.

Vin rouge

Le resvératrol, un antioxydant présent dans le raisin et… le vin rouge (surtout à base du cépage Pinot noir). C’est à lui que l’on attribue, de manière un peu simpliste, l’effet « cardioprotecteur » du vin rouge (au-delà des effets favorables de petites quantités d’éthanol sur le HDL), effet repris sous le concept du Paradoxe Français. Mais ce n’est pas la sphère cardiovasculaire, mais la tête qui fait l’objet des dernières découvertes. L’épidémiologique suggère qu’une consommation modérée de vin rouge est associée à une incidence plus faible de maladie d’Alzheimer. Plusieurs travaux ont déjà rapporté un effet potentiellement neuroprotecteur des antioxydants du vin rouge, mais les mécanismes restent obscurs. Une équipe du Litwin-Zucker Research Center for the Study of Alzheimer’s Disease and Memory Disorders a Manhasset (New York, États-Unis) s’est intéressée à l’effet du resvératrol sur différentes lignées cellulaires qui produisent de la bêta-amyloïde, la substance protéique dont l’accumulation forme les plaques séniles responsables de la maladie d’Alzheimer (2). Elle rapporte que le resvértrol diminue les taux de bêta-amyloïde, pas en réduisant sa formation, mais en accélérant son épuration. Cet effet passe par un effet du resvératrol sur le protéasome, un complexe capable de « digérer » certaines protéines spécifiques en polypeptides et en acides aminés.

Chocolat

Enfin, le chocolat est lui aussi un aliment dont les antioxydants, les flavanols, en font une confiserie pas comme les autres. Des chercheurs du Heinrich-Heine-Université à Dusseldorf (Allemagne), ont examiné, auprès d’une douzaine de fumeurs en bonne santé et âgés d’une trentaine d’années, l’effet de ces flavanols sur la fonction endothéliale (3). Ils ont pris des fumeurs sachant que leurs vaisseaux répondent moins bien aux changements de flux sanguin. Les participants ont donc pris, selon un protocole en cross-over, une boisson riche en flavanols, ou une boisson ayant le même goût, mais ne contenant que très peu de flavanols. L’expérience montre qu’après ingestion de la boisson riche en flavanols, il y a une augmentation significative du NO circulant et de la dilatation médiée par le flux. Les changements observés sont corrélés à l’augmentation des métabolites des flavanols retrouvés dans le sang. De plus, cette amélioration ne se retrouve plus lorsque la boisson riche en flavanols est accompagnée d’un médicament qui interfère avec l’activité du NO (L-NMMA), ce qui conforte l’hypothèse selon laquelle le cacao agit notamment sur ce facteur de relaxation de l’endothélium. Bien entendu, il ne s’agit là que d’études pilotes qui ne permettent pas de tirer de grandes conclusions. Si ce n’est que de nombreux antioxydants différents se trouvent, çà et là, dans les aliments, et que la gastronomie peut leur faire la part belle en privilégiant la qualité à la quantité, avec à la clé du plaisir qui, lui aussi, est facteur de santé !

Par Nicolas Guggenbühl

" HEALTH & FOOD " numéro 74, Décembre 2005
(reproduit avec la permission écrite de:http://healthandfood.be)




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