flavanol spécifique du cacao, l’épicatéchine, pouvait améliorer la relaxation des vaisseaux sanguins, de manière comparable à ce que fait un médicament comme l’aspirine.

D’autres mécanismes

Deux autres scientifiques, le prof Hagen Schroeder (Université de Californie) et le prof Christian Heiss (Université de San Francisco) soutiennent l’hypothèse antioxydante et vont même plus loin, en affirmant que les bénéfices cardiovasculaires observés après consommation de cacao riche en flavanols sont sans doute plus larges que ceux dépendant uniquement de leur capacité antioxydante. En effet, la plupart des flavanols circulant dans le sang après ingestion sont assez rapidement dégradés par l’organisme et ont donc un potentiel antioxydant affaibli. Or, l’activité des flavanols du cacao est bien réelle sur le système cardio-vasculaire après leur consommation, ce qui souligne l’existence de mécanismes d’action qui empruntent d’autres voies que la protection antioxydante. L’effet aspirine-like est l’un d’entre eux. Et de nouvelles données apportées par the Shanghai Institute of Materia Medica of the Chinese Academy of Sciences indiquent que les effets bioactifs de certains flavanols du cacao se situeraient également dans une inhibition des réactions inflammatoires impliquées notamment dans la genèse des maladies cardio-vasculaires.

Au-delà des antioxydants

C’est donc aujourd’hui sous un nouveau jour qu’apparaissent les constituants du cacao, tels que les flavanols. Leur attribuer le simple statut d’antioxydants apparaît donc fortement réducteur, surtout à l’analyse de leurs effets sur la fonction cardio-vasculaire. A côté d’une vision élargie sur le sujet, les experts du chocolat recommandent également de nouvelles méthodes d’analyse des flavanols du cacao et surtout d’arrêter d’évaluer la teneur en flavanols du cacao par des méthodes de « capacité antioxydante », qui sont à l’évidence désuètes et trompeuses, tant pour les chercheurs que pour les professionnels de santé.

Pas l’exclusivité du cacao

Les flavanols ne sont pas non plus uniquement l’apanage du cacao et du chocolat. Trop souvent, on a tendance à oublier que le cacao est dérivé d’une plante et qu’en conséquence, il contient certains composants bénéfiques pour la santé que l’on peut trouver également à profusion dans plusieurs fruits, légumes ou légumineuses (haricots rouges, lentilles, pois chiches,…). A titre d’exemple, l’épicatéchine, particulièrement abondante dans certains types de cacao, est aussi présente en grandes concentrations dans la pomme ou le raisin. Ces nouvelles avancées dans le domaine de la biochimie des flavanols du cacao apportent donc des éclairages nouveaux qui devraient permettre une meilleure compréhension de l’impact positif d’une alimentation riche en fruits et légumes sur la santé du cœur et des artères.

Revigorer des économies fragiles

Outre ces avancées dans le domaine de la santé cardiovasculaire, la science du cacao constitue actuellement une source de progrès pour des millions de producteurs de cacao. En effet, chaque année, de nombreux producteurs de cacao perdent un tiers ou plus de leur récolte, suite à la présence de parasites et de maladies, ou simplement à cause d’un manque de formation appropriée dans l’utilisation des techniques d’agriculture rudimentaires ou d’autres difficultés liées à l’environnement. La science du cacao contribue ici aussi indirectement à rendre l’espoir et fournit de nouvelles opportunités en tant que source d’avantages sociaux, économiques et environnementaux pour des producteurs, dont la survie est étroitement liée à cette culture.

Par Nicolas Rousseau

" HEALTH & FOOD " numéro 76, Mars/Avril 2006
(reproduit avec la permission écrite de:http://healthandfood.be)




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