bout de sein. Il y a quelques années, il s'agissait d'une tétine montée sur un petit entonnoir en verre ou en plastique. Actuellement le bout de sein ressemble à un petit chapeau mexicain en silicone, qui vient recouvrir le mamelon. Comme il ne faut jamais dire "jamais", reconnais-sons que certaines mères ont vu leur allaitement sauvé par cet ustensile. Mais notre expérience au quotidien nous a plus souvent mises en contact avec des femmes, très nombreuses, pour qui les bouts de sein ont été à l'origine d'autres difficultés : manque de lait par moindre stimulation des récepteurs nerveux au niveau de l'aréole, refus du bébé d'abandonner cet ustensile et de reprendre le sein "nu", contamination par du muguet. En toute dernière extrémité, si l'aide de personnes compétentes en matière d'allaitement n'a pas suffi à résoudre le problème, on peut envisager l'utilisation momentanée d'un bout de sein  ; l'objectif étant de s'en débarrasser le plus vite possible (essayer de l'utiliser sur un sein sur deux, une tétée sur deux, au début de la tétée seulement, etc.). De nouveaux bouts de sein "contacts" viennent de sortir sur le marché. Ils sont plus minces et échancrés au niveau du nez du bébé, et semblent préférables aux modèles classiques.

Les tire-lait

Et si le lait ne peut pas passer directement du producteur au consommateur? C'est souvent le cas lorsqu'un nouveau-né est hospitalisé et que la lactation est à mettre en route avec un tire-lait. Mieux vaut alors choisir un tire-lait qui soit le fruit de la technologie moderne, d'un look moderne et peu bruyant, plutôt que des modèles qui auraient plus leur place dans un musée hospitalier ! Les modèles récents de tire-lait électriques proposent des kits permettant de tirer les deux seins en même temps. D'où une sur-stimulation qui produit davantage de prolactine (l'hormone responsable de la fabrication du lait). Il y a donc plus de lait extrait en moins de temps, ce qui est très appréciable quand il faut tirer son lait durant plusieurs semaines tout en faisant des allers-retours vers l'hôpital pour voir le bébé. Si la séparation d'avec le bébé n'est que ponctuelle, un tire-lait n'est pas indispensable. Apprendre à exprimer son lait à la main rendra service en maintes occasions. Un fabricant a même commercialisé une coupe-entonnoir qui s'adapte sur un biberon, permettant de recueillir les jets de lait qui fusent dans toutes les directions. Sinon, un bol propre fera aussi bien l'affaire. Certaines femmes sont néanmoins plus à l'aise avec un tire-lait. Malheureusement, trop souvent, on leur vend un modèle complètement dépassé, qui ressemble à un klaxon de vieille voiture : pression exercée sur le sein impossible à contrôler, réservoir minuscule qu'on doit sans cesse vider, et surtout poire en caoutchouc impossible à nettoyer. Les tire-lait à piston représentent une nette amélioration, mais il faut préférer ceux dont la course du piston est limitée, afin de ne pas risquer de blesser le sein. Pour les femmes qui souhaitent concilier reprise d'une activité professionnelle et poursuite de l'allaitement, le tire-lait mini-électrique  est une option à considérer, car il ne mobilise qu'une seule main tout en étant peu encombrant (veiller à se procurer un modèle qui fonctionne à piles et sur secteur, car sinon les piles reviennent très cher). Une question revient souvent concernant les récipients destinés à conserver le lait tiré. On peut se servir de biberons, de petits pots pour bébés, de pots de yaourt en verre, de sachets spéciaux destinés à cet usage ... Les recherches actuelles montrent que pour un usage domestique (le bébé reçoit un ou deux repas de lait tiré par jour, le reste du temps il est directement au sein), la nature du contenant (verre, plastique transparent ou opaque) importe peu. Toutes les recherches récentes confirment que le lait de femme se conserve mieux que le lait de vache, car il est concentré en anticorps, et que sous réserve d'une hygiène minimale (lavage des mains avant toute manipulation, réfrigérateur propre, récipient lavé préalablement à l'eau chaude et savonneuse et bien rincé), le lait maternel, utilisé à la maison, à la crèche ou chez l'assistante maternelle, pour un enfant né à terme et en bonne santé, peut se conserver jusqu'à huit jours au réfrigérateur (0° à 4°). Il est aussi possible de le congeler, en prenant la précaution de le faire dans les 24 h qui suivent son expression. Il se gardera deux semaines dans un conservateur, trois à quatre mois dans un congélateur situé au-dessus du réfrigérateur, et six mois ou plus dans un congélateur séparé. Rappelons que pour prévenir le risque de confusion sein/tétine, il est déconseillé de donner ce lait avec un biberon, surtout dans les premières semaines après la naissance. Il est préférable d'utiliser une tasse (même les prématurés se débrouillent très bien avec), une cuiller, un compte-gouttes, une seringue sans aiguille. Ou, dans quelques cas bien précis, un Dispositif d'Aide à la Lactation (DAL).

Le DAL

Quand une maman qui avait sevré ou presque, veut relancer sa lactation, elle a besoin pour ce faire de multiplier les tétées. S'il y a peu de lait, il se peut que le bébé ne soit pas très enclin à téter. Pour l'encourager à prendre le sein, on peut, par un fin tuyau en silicone fixé sur l'aréole et relié à un flacon suspendu au cou de la maman, apporter du lait au bébé qui tétera donc et le sein et le tuyau . Pour schématiser, on dira qu'avec le DAL, il boit à la paille en même temps qu'il est au sein, ce qui permet d'éviter les biberons et de stimuler la fabrication du lait.

Pour les mamelons ombiliqués

Beaucoup de femmes qui attendent leur premier enfant ont des mamelons plats ou peu saillants, mais qui ressortent bien lors des stimulations. Pour les mamelons vraiment rentrés, ombiliqués, un chirurgien esthétique anglais a imaginé la "Niplette" qui, utilisée avant ou en début de grossesse, peut aider le mamelon à sortir. Cela ressemble à un dé à coudre muni d'un tuyau avec valve. Une seringue crée une légère dépression, qui aidera jour après jour le mamelon à s'allonger. On peut aussi se servir d'une simple seringue dont on a coupé l'embout, ce qui permet d'enfiler le piston à l'envers .

Histoires de meubles

Quand on allaite, le confort est important. Sans faire d'achats particuliers, il est bon de savoir s'aider de coussins, d'oreillers, de polochons (par exemple le Corpomed d'Euroform), pour soutenir à la fois le corps du bébé et le bras qui le porte à la bonne hauteur. On peut vouloir poser ses pieds sur un petit tabouret, de façon à être légèrement penchée en arrière (et non pas courbée sur le bébé, position qui engendre bien des douleurs de dos), et être bien assise dans un siège avec accoudoirs (toujours dans l'idée de ne pas fatiguer le bras qui porte le bébé). Pour le confort de bébé, on peut le coucher sur une peau de mouton spécialement traitée. Elle servira dans son lit, sa poussette, et le suivra dans tous ses déplacements. Et puis, dans la perspective des tétées de nuit, on peut envisager l'achat d'un lit plus large, ou tout autre arrangement qui permette d'allaiter confortablement tout en restant couchée. C'est ainsi qu'au dernier Congrès de LLL International, en juillet dernier, un stand a retenu notre attention. On y présentait un lit de bébé qui s'accroche à un grand lit en "side-car", et permet à l'enfant d'être couché à côté de sa mère au même niveau. Cette invention n'est pas nouvelle puisque dans une maternité d'Estonie, les lits de bébés en bois sont faits sur le même principe. En France, il reste à se le bricoler !
(reproduit avec la permission écrite de:http://www.lllfrance.org)




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