Des médicaments, oui mais ...

 
Des médicaments, oui mais ...Malgré les impressionnants progrès des moyens pharmacologiques de traitement et de prévention des maladies cardiaques, l'alimentation adaptée reste un pilier de leur prise en charge. Que ce soit en prévention primaire ou secondaire aussi bien qu'en thérapeutique, l'intérêt de cette mesure ne cesse d'être démontré. Et chaque jour apporte son lot de précisions supplémentaires. Après un premier accident cardiaque, il est urgent de prendre les choses en mains en vue de diminuer le risque de récidive ou d’évolution à plus ou moins long terme vers la décompensation cardiaque. Les recommandations de prévention secondaire sont claires et bien connues : elles comprennent des mesures pharmacologiques et des mesures non-pharmacologiques. Parmi ces dernières, l’exercice physique régulier et adapté, l’arrêt du tabagisme, la perte de poids si nécessaire et les modifications des habitudes alimentaires figurent en bonne place.
L’un des objectifs de ces modifications est bien entendu d’influencer le profil lipidique dans un sens favorable, à côté de la restauration, voire du renforcement des capacités fonctionnelles cardiaques, circulatoires et respiratoires. Le traitement ou la prévention des facteurs de risque, tels que l’obésité, le diabète le syndrome métabolique etc, représente un autre impératif de cette prévention. D’ailleurs, qu’elle soit primaire ou secondaire, certains auteurs commencent à dire qu’il n’y a pas de différence, mais simplement une continuité. Aux récentes « Scientific Sessions » l’American Heart Association, qui viennent de se tenir à Dallas aux Etats-Unis du 13 au 16 novembre 2005, quelques études venant compléter les connaissances sur la place de certains aliments ou nutriments en prévention cardiovasculaire ont été présentées.

Fruits et légumes en crescendo

On sait qu’une consommation accrue de fruits et légumes est associée à un plus faible risque de maladie cardiovasculaire et de cancer. Mais on ne dispose que d’un petit nombre d’études concernant le lien entre cette consommation et le diabète. Et les résultats de ces études sont quelque peu contradictoires. Or, le diabète constitue un facteur de risque majeur d’affection cardiovasculaire. Yan et al. (USA) ont donc entrepris une étude pour évaluer à long terme la relation entre consommation de fruits et légumes et le diabète chez les personnes d’âge moyen. Il s’agissait de 1017 hommes âgés entre 40 et 55 ans et ayant une espérance de vie au delà de l’âge de 65 ans. A leur entrée dans l’étude, ils étaient indemnes d’affection coronaire, de diabète et de cancer. Les auteurs ont réalisé une anamnèse alimentaire détaillée chez les patients de leur étude et ont établi trois catégories de consommateurs, selon qu’ils consommaient moins de 14 portions par mois (faible consommation), entre 14 et 42 portions (consommation moyenne) ou plus de 42 portions par mois (consommation importante). La proportion des patients qui devinrent diabétiques à un âge plus avancé était de 20,9% dans le groupe qui consommait peu de fruits et de 19,0% dans le groupe à consommation moyenne. Parmi ceux qui mangeaient le plus de fruits (et pas de légumes), il n’y en eut que 12,7%.

Les fruits, pas les légumes

Après ajustement pour l’âge, le BMI et l’apport énergétique total au début de l’étude, les odds ratios pour la survenue d’un diabète étaient respectivement de 0,85 dans le groupe « consommation moyenne de fruits» et lire plus




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