La face cachée du fructose
C'est le seul, parmi les sucres, à être vénéré. On l'assimile au « sucre des fruits », et il trône fièrement sur l'étiquette des nombreuses denrées pour diabétiques. Le fructose a, semble-t-il, tout pour plaire. Mais son heure de gloire est passée...C’est le sucre que tout le monde aime, parce qu’il est bon de goût, et surtout parce qu’il est assimilé au sucre des fruits (alors que les fruits contiennent souvent autant de glucose et de saccharose). Le fructose a séduit les scientifiques parce que de tous les sucres assimilables, c’est celui qui entraîne la plus faible élévation du taux sanguin de sucre. Plus fort : il a révolutionné l’image désormais désuète qui assimile un sucre simple à un sucre rapide, et un glucide complexe à un sucre lent : le fructose est un sucre simple plus « lent » que l’amidon des céréales. Il bénéficie donc d’un index glycémique particulièrement bas, et ne sollicite pratiquement pas de sécrétion d’insuline. Le rêve en cas de diabète de type 2.
Pourtant, ces dernières années, plusieurs publications ont semé le doute sur l’intérêt de ce sucre, qui a littéralement inondé tous les continents, pas tant via les aliments prétendus pour diabétique que par les boissons sucrées à base de sirops riches en fructose. La consommation de sirops riches en fructose a augmenté de plus de 1000 % entre 1970 et 1990. Aux États-Unis, ces sirops fournissent plus de 40 % des calories sucrées ajoutées aux aliments. En fait, l’évolution de la consommation de sirops de fructose va de pair avec l’augmentation rapide de l’obésité. Cela ne prouve rien, mais peut éveiller des soupçons…


