Qui dort dîne ... sucre

 
Qui dort dîne ... sucreComme on fait son lit, on se couche, mais le sommeil se nourrit aussi de la qualité de notre assiette. De cette histoire à dormir debout, retenons qu’un bon dormeur est probablement une “bouche à sucre”.

"Pour bien dormir, un déjeuner de roi, un dîner de prince et un souper de pauvre tu prendras”, dit un vieil adage. En effet, il est reconnu depuis longtemps déjà qu’un repas copieux le soir ne fait pas bon ménage avec l’oreiller, loin s’en faut. Ces quinze dernières années, la perception du lien qui unit l’alimentation à la somnolence a toutefois fortement évolué. La conférence de presse internationale sur le sommeil, organisée récemment* à Paris par la société pharmaceutique Sanofi-Synthelabo a rappelé l’importance de faire bonne pitance avant d’aller se coucher.

Repas friand, sommeil de plomb

Selon le Prof. Guezennec (physiologiste, Centre d’Etudes et de Recherche en Médecine Aérospatiale, Brétigny-sur-Orge, France), des expériences récentes réalisées chez le rat indiquent que le volume et la nature des repas influencent la durée et la répartition des différentes phases du sommeil. Des rongeurs rendus hyperphagiques augmentent la durée totale de leur sommeil aussi bien dans la phase profonde (le sommeil à ondes lentes ou SOL) que dans la phase du rêve (le sommeil paradoxal ou SP). A l’inverse, la dénutrition expérimentale réduit la durée du sommeil. La perfusion intracérébroventriculaire d’acides aminés augmente la quantité de SP, la perfusion de glucose prolonge celle de SOL. En d’autres termes, la qualité du sommeil et la récupération sont optimalisées après l’ingestion d’un repas de nature glucidique.

Chez l’homme, la structure du sommeil est également influencée par la transition “table-édredon”. Plusieurs études indiquent clairement que l’absorption de glucides augmente, dans un délai de 30 à 60 minutes après l’ingestion, la tendance à la somnolence. Chez les sportifs d’endurance, la pratique courante d’un régime dissocié scandinave, pour optimaliser les réserves de glycogène avant la compétition, a révélé aussi des modifications de l’architecture du sommeil. L’analyse des nuits correspondant aux différentes phases du régime reproduit les résultats obtenus chez le rongeur : les glucides seraient donc hypnogènes.

Sucreries ou conduite, il faut choisir

Sur la route, la manière dont on s’alimente influence sans doute le niveau de vigilance. Ainsi, il est probable qu’une alimentation riche en glucides réduise l’attention d’un conducteur fatigué. Une alimentation plus riche en protéines assurerait lire plus




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