Boire du café accroîtrait le risque cardiaque
Chez certaines personnes souffrant d'une déficience génétique, le fait de consommer du café pourrait accroître le risque d'infarctus du myocarde non fatal, car elles métabolisent la caféine lentement, selon une étude publiée le 8 mars aux États-Unis. Les travaux de cette équipe de chercheurs, conduite par Ahmed El-Sohemy de l'Université de Toronto au Canada, ont cherché à déterminer la relation entre les variations du gène CYP1A2*1F lié à la difficulté à métaboliser la caféine et les risques d'infarctus non mortels en fonction de la quantité de café consommé. Pour ce faire, ils ont analysé 2014 cas d'infarctus sérieux comparés à un groupe témoin d'un nombre égal de personnes. L'étude a porté sur des sujets qui vivaient au Costa Rica de 1994 à 2004. Les génotypes de tous les sujets ont été établis. Ils ont ensuite répondu à un questionnaire pour déterminer la fréquence quotidienne de leur consommation de caféine dans du café, expliquent ces chercheurs dont l'étude paraît dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) daté du 8 mars 2006.Ils ont déterminé que 55 % des sujets du groupe ayant eu un infarctus et 54 % de ceux dans le groupe de comparaison étaient porteurs de la version du gène *1F rendant laborieux le métabolisme de la caféine. Ceux appartenant à ce génotype dans les deux groupes buvant de deux à trois tasses de café quotidiennement, avaient 36 % plus de risques d'avoir un infarctus. Les risques augmentaient de 64 % pour ceux consommant au moins quatre tasses par jour. En contraste, pour ceux ayant la version du gène permettant un métabolisme rapide de la caféine (*1A/*1A), leurs risques de crise cardiaque étaient réduits de 22 % pour ceux buvant de deux à trois tasses et de 1 % à partir de quatre tasses par jour. Parmi les sujets métabolisant lentement la caféine, les risques étaient les plus élevés chez les sujets plus jeunes. Par exemple, pour les moins de 50 ans consommant quatre tasses de café par jour ou davantage, leurs risques de souffrir d'un infarctus doublaient comparativement à ceux plus âgés. «Nous avons constaté, en résumé, qu'un accroissement de la consommation de café est lié à une augmentation des risques d'infarctus non mortels seulement chez les sujets porteurs du gène CYP1A2*1F, lequel rend difficile le métabolisme de la caféine», concluent les auteurs de cette étude.


