Apprendre à lire et à écrire et reconnaître les symptomes

 
Apprendre à lire et à écrire et reconnaître les symptomesPour bien comprendre ce qui se passe dans le cerveau du dyslexique, voyons tout d'abord quelles sont les étapes du développement normal de la lecture et de l'écriture telles que nous les expliquent les théories neuropsychologiques modernes.

Les étapes de l'apprentissage

On admet que cet apprentissage passe par trois étapes, à la fois pour la lecture et l'écriture, et que, point important, les deux mécanismes, lecture et écriture, se renforcent mutuellement par des relations réciproques .Une première étape dite "logographique" correspond aux tout premiers conctacts de l'enfant avec le langage écrit.Si un enfant de trois ans paraît reconnaître le mot "Coca-Cola", à l'étonnement de ses parents, ce n'est pas parce qu'il l'a "lu", au sens habituel, mais sim-plement qu'il en a reconnu la forme générale sur des indices extérieurs : la forme des lettres, leur couleur, l'aspect général du mot. Il suffira pour s'en convaincre de lui montrer un mot totalement différent mais écrit selon les mêmes caractéristiques graphiques pour s'apercevoir qu'il ne lisait pas vraiment le mot, puisqu'il le prononcera généralement à nouveau "Coca-Cola".

Reconnaître les mots, ce n'est pas lire

A ce stade logographique, l'enfant ne sait évidemment pas lire, mais est capable de reconnaître parfois un nombre conséquent de mots, et ce uniquement à l'aide de quelques indices visuels. C'est cette capacité qui est utilisée lors des premiers mois de l'ap-prentissage scolaire de la lecture, dans les écoles qui appliquent la méthode dite "globale" ou "semi-globale". On donne à l'enfant l'illusion de lire en lui apprenant à reconnaître globalement certains mots. Mais jusque là il n'y a pas de lecture proprement dite puisque l'enfant n'utilise pas encore la correspondance entre les lettres et les sons, qui constitue la base de la deuxième étape : le stade alphabétique.Paradoxalement, à ce stade, c'est l'écriture qui va permettre de développer les capacités de lecture : au cours du CP, l'enfant va, avec l'aide de l'écriture, développer un système fondamental qui est la base de la lecture et qui consiste à automatiser les liens entre la forme visuelle (des lettres, des groupes de lettres, des syllabes) et leur correspondant sonore. On sait maintenant qu'il existe dans le cerveau un système de neurones spécifiquement dévolu à cette fonction. Ce système, d'abord utilisé pour donner un nom (donc un son) à chaque lettre, va rapidement être capable de transformer des groupes de lettres en des suites de sons.

De l'alphabet à l'orthographe: un " dictionnaire portatif "

Enfin, le dernier stade dit orthographique correspond au moment où l'enfant devient apte à reconnaître un mot comme une entité, grâce à la formation progressive de ce qu'on appelle un lexique orthographique.Le fonctionnement de ce lexique est encore incomplètement connu, mais il semble se faire à la manière d'un dictionnaire auquel on se réfèrerait pour chaque mot à lire, selon une procédure de type "photographique', permettant une identification rapide (d'autant plus rapide que le mot est plus familier) puis un accès immédiat au sens.C'est cette procédure orthographique ; ("je photographie, je reconnais, je comprends") qui se développerait ensuite pour devenir de plus en plus efficace au fur et à mesure que la lecture devient de plus en plus compétente. Au bout du compte, le lecteur adulte n'utiliserait pratiquement plus que la procédure "photographique", ce qui est évidemment beaucoup plus rapide et "économique" que de passer par l'assemblage des formes sonores (qui reste cependant nécessaire lorsqu'on doit lire, par exemple, des mots nouveaux, ou sans signification, ou encore des mots d'une langue étrangère).

Méthode “globale” ou syllabique ?

Il est maintenant bien établi que si ces deux systèmes sont capables de fonctionner séparément, leur constitution chez l'enfant est très interdépendante : l'enfant ne peut se fabriquer un lexique orthographique (système "global") que si le système "d'analyse" fonctionne correctement.En d'autres termes, l'utilisation par les enseignants d'une méthode globale ou semi-globale d'apprentissage repose sur le postulat que le système d'assemblage est parfaitement fonctionnel, ce qui est peut-être vrai chez la majorité des enfants, mais ce qui, nous le verrons, n'est pas le cas pour les 10% d'enfants qui souffrent de dyslexie, chez qui ce type de méthode peut donc s'avérer désastreuse, en particulier par le fait qu'elle risque de masquer le trouble et de retarder d'autant le début de la rééducation.

Comment reconnaît-on qu'un enfant est dyslexique?

L'apprentissage de la lecture, du moins chez l'enfant non dyslexique, a quelque chose de magique : entre la fin de la maternelle, où il ne sait encore généralement pas le nom de toutes les lettres, et la fin du cours préparatoire, de la manière apparemment la plus naturelle qui soit, il devient capable d'extraire d'une succession de signes qui, quelques mois plus tôt ne voulaient rien dire pour lui, des centaines de mots, pouvant réaliser des milliers de combinaisons et aboutir à des millions de significations possibles.Très généralement, c'est au cours du CP, lire plus




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