Ces manifestations du trouble sont très constantes malgré l'âge de l'individu. Les manifestations de l'hyperactivité peuvent, dans certains cas, disparaître à l'adolescence ou à l'âge adulte, mais les manifestations du déficit attentionnel resteront pratiquement inchangées quelque soit l'âge de la personne.
Ce que le Docteur Brown essaie de mettre en évidence est souvent mal compris; en fait, les symptômes du déficit d'attention sont souvent situationnels, de sorte que la majorité des personnes atteintes ont des difficultés à maintenir leur attention presque toujours, mais pas toujours. La majorité des personnes atteintes semblent avoir des activités spécifiques ou ils sont capables de maintenir leur attention. Ces activités sont différentes pour chacune. (On peut citer l'exemple de l'enfant qui n'a pas d'attention en classe pour plus de 2 minutes, mais qui peut jouer au game boy pendant des heures sans se laisser distraire).
La grande différence entre les TDA et les autres est qu'une personne normale est généralement en mesure de réaliser un travail, même si ce dernier est monotone ou peu intéressant, alors que la personne atteinte de TDA a beaucoup de difficulté à compléter un travail dans des conditions identiques.
Souvent on interprète ce déficit en fonction d'un manque de motivation ou de volonté de la part de la personne atteinte mais ce n'est pas la vérité.
Le fait qu'il y ait un déficit neurochimique important chez les personnes atteintes de TDA/H est une des raisons pour laquelle une médication appropriée, donnée dans un dosage bien adapté à l'individu, est efficace comme traitement.
Dans certains cas, les individus atteints ainsi que leur famille doivent d'abord être informés sur ce qu'est et ce que n'est pas le TDA. Cette information apporte souvent à elle seule un soulagement important. Pour d'autres, l'usage du médicament dans le but de compenser au déficit neurochimique peut être envisagé (environ 80% des cas).
Le travail de dépistage est vraiment important, car les difficultés rencontrées par les personnes atteintes de TDA/H augmentent souvent avec le temps et ce à tous les niveaux, mais surtout au niveau de l'estime de soi.
Le Docteur Brown insiste sur l'utilisation du terme attention deficit desorder (ADD), afin de mettre vraiment l'emphase sur le déficit attentionnel. Si on revient à nos cinq composantes de base, on pourrait dire que l'hyperactivité est la sixième de ces composantes, sans plus. Cette approche est supportée par plusieurs recherches. On sait maintenant que près de 50% des TDA/H ne présentent pas d'hyperactivité. La coexistence du déficit de l'attention avec d'autres troubles est beaucoup plus élevée que ce qui était suspecté il y a quelques années. Il est important de bien comprendre que la tendance actuelle situe très différemment le problème que par les années passées. L'idée des trois composantes, (hyperactivité, impulsivité et inattention) est de plus en plus laissée de côté, pour mettre l'emphase sur le déficit attentionnel et de le voir comme central à toute la problématique du trouble. L'hyperactivité est parfois présente mais pas toujours. À l'occasion, elle disparaît aussi avec l'âge, alors que les déficits attentionnels et cognitifs eux persistent presque toujours à l'adolescence et à l'âge adulte.
(reproduit avec la permission écrite de:http://www.tdah.be/)


