Intégration scolaire des élèves dyslexiques: organisation pratique

A- Mesures d'adaptation proposées
Pour chaque difficulté, les mesures proposées seront fonction des difficultés éventuelles et des mesures d'adaptation légales. Elles reposent donc sur un bilan individuel permettant d'affirmer le diagnostic, de typer la dyslexie, d'apprécier la sévérité et le type de handicap.Nous donnons ici l'organisation de l'intégration et des exemples de propositions d'aide, en sachant qu'il ne s'agit pas de propositions exhaustives, et que, pour chaque enfant, il faut "inventer" avec ses enseignants et ses rééducateurs. Nous ne parlerons pas du type de rééducations proposées mais de l'intégration des rééducations dans l'emploi du temps.1° mise en place d'un projet personnalisé :
Le projet sera formalisé soit sous forme de PAI (Projet d'Accueil Individualisé) soit sous forme de contrat d'intégration lors d'une équipe éducative avec les enseignants et les parents : ce projet permet d' " inventer" avec l'équipe enseignante concernée, l'équipe de soin et les parents, les solutions les plus adaptées à un élève.L'élève concerné sera informé du projet, il est important de lui expliquer à nouveau le mécanisme de ses difficultés et éventuellement de les expliquer aux autres élèves de la classe.Ce projet comporte plusieurs volets : nous énumérerons un certain nombre de principes qui doivent donc être adaptés à chaque élève.
2° mesures proposées :
- Le choix de la rééducation :
- est fait en fonction du bilan
- intégré, si nécessaire, dans l'emploi du temps scolaire ;
- en accord avec les enseignants, on propose l'utilisation de matériel scolaire pour la rééducation : utiliser un énoncé de mathématiques pour travailler la compréhension du langage écrit n'est pas du soutien pédagogique, mais l'utilisation d'un matériel adapté pour travailler les difficultés spécifiques en diminuant au maximum la surcharge d'emploi du temps chez ces enfants particulièrement lents.
- Le projet pédagogique :
Il doit être adapté en fonction du projet de l'enfant, de ses possibilités globales, de la sévérité des difficultés dans certains domaines et de l'orientation que l'on peut éventuellement prévoir.
Par exemple :
- on a pu proposer la suppression de l'anglais, langue redoutable pour les dyslexiques, pour tel enfant qui avait le désir de s'orienter vers une profession manuelle
- proposer au contraire un renforcement de l'anglais pour un élève s'orientant vers une carrière scientifique (dans tous les cas il faut travailler l'aspect de communication orale et écrite de la langue ; la notation doit pouvoir refléter l'aspect communicationnel plus que formel) ;
- et en différer l'apprentissage pour un troisième, le supprimant en sixième tout en lui laissant la possibilité de l'étudier à partir de la quatrième.
- Les adaptations pédagogiques proposées :
Aide à la prise de notes :La prise de notes est, nous l'avons dit, un exercice peu fiable, grand consommateur d'énergie avec un rendement faible. Différentes mesures vont donc être proposées :
- demander aux enseignants de donner le programme des cours à venir pour que les élèves dyslexiques puissent, s'ils le souhaitent, commencer à les lire dans leur manuel scolaire (l'écoute des cours en prenant des notes éventuellement parcellaires sera plus profitable)
- insister sur l'utilisation des manuels scolaires +++ ; les donner en double, pour qu'ils puissent éventuellement surligner (ce travail de préparation personnel, dès les premières classes du collège peut être bénéfiques à l'ensemble de la classe)
- donner accès à la photocopieuse, mais il faut être vigilant aux difficultés de lecture de notes mal prise par les autres élèves.
- ne pas faire recopier les énoncés écrits au tableau
- autoriser le travail sur ordinateur, d'abord pour le travail fait à la maison puis lors des contrôles ;


