La dyslexie et la société

En quoi la nouvelle circulaire sur les troubles du langage, adoptée par la gauche en févier 2002, modifie t-elle la situation ?
La circulaire DHOS O1 n° 2001-209 du 4 mai 2001, en fait, définit les " troubles spécifiques d’apprentissage du langage oral et écrit " en regroupant les troubles des apprentissages et échec scolaire. Le fait de qualifier " ces troubles de primaires, que leur origine est supposée développementale, indépendante de l’environnement socio-culturel d’une part, et d’une déficience avérée, sensorielle, motrice, mentale ou d’un
trouble psychique, d’autre part ", pose le problème de son statut de déficience (tel que la définit la classification de WOOD). Les troubles du langage et les enfants qui en souffrent appartiennent désormais à la catégorie des
handicapés, avec le caractère stigmatisant que cela représente, et le corollaire, pour la société, est de devoir indemniser le désavantage subi par l’enfant (je ne pense pas qu’un budget soit prévu pour cela).Il ne s’agit pas seulement d’une reconnaissance d’existence de l’échec scolaire dénommé "dyslexie" dans l’École (voir l’article de J. Fijalkow) mais c’est aussi pour en faire un problème de santé publique et un problème de handicap. J. Fijalkow souligne bien les risques ; mais est-il possible de traiter ce problème sans tenir compte de la singularité de chaque enfant et de son histoire ?Pourquoi utiliser la voie de la circulaire plutôt qu’une loi votée par le Parlement qui aurait permis la possibilité d’un débat. Son
application va sans aucun doute alourdir les dépenses d’assurance-maladie. En principe le Parlement contrôle les dépenses de santé mais ce ne sera pas le moment pour discuter de la circulaire.
Pourquoi retrouvons-nous tant de carences socioculturelles dans la population des dyslexiques ?
Une étude réalisée sur des enfants de 6 ans par la DREES (Direction de l’évaluation et des statistiques) du Ministère des Affaires Sociales en partenariat avec l’Éducation Nationale a comparé 2 catégories d’enfants, scolarisés en ZEP et hors ZEP(Le Monde 12/02/2002). Le critère ainsi retenu constitue un indicateur indirect du niveau social des familles ; il en fait ressortir les conséquences sur la
santé et le développement.Pour les sujets du groupe des ZEP en dehors des problèmes importants de Santé Publique, l’enquête fait voir la place notable tenue par les troubles et retards du langage sous diverses formes : " seul un enfant scolarisé en ZEP sur deux atteint un résultat positif à la totalité des tests et évaluations, contre deux sur trois dans les autres zones ". Ces faits sont connus depuis longtemps par les
acteurs de terrain.Cette étude effectuée par les services même du Ministère pourrait permettre une révision de la circulaire en tenant compte de la réalité de ces données.
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