L'attention: un phénomène aux multiples déficits
Les études sur l'efficacité des interventions neuropsychologiques qui prennent en considération les différentes facettes de l'attention ont clairement démontré que des résultats positifs sur l'attention ne peuvent être atteints que par le biais d'un entraînement très spécifique. On constate même qu'en ce qui concerne des déficit importants de fonctions attentionnelles de base, un entraînement non spécifique peut entraîner une détérioration de la performance attentionnelle. (Sturn, 1996)Depuis déjà plusieurs années, il est évident que les différences individuelles doivent être prises en considération dans l'évaluation du trouble de déficit d'attention/hyperactivité (TDAH) et, par conséquent, dans les recherches. Ainsi, comme l'indiquaient Weiss et Hechtman en 1986, le fait que certains enfants soient diagnostiqués TDAH en raison de déviation par rapport à certaines normes et pour des symptômes précis ne signifie pas pour autant que tous les TDAH doivent nécessairement présenter une symptômalogie similaire. Le portrait général de ces troubles est très bien connu. Ce sont les différences individuelles dans les symptômes qu'il faut identifier afin de pouvoir, éventuellement, adapter les interventions thérapeutiques aux manifestations propres à chaque jeune.
Les études sur l'anatomie du cerveau
Peu importe la méthode utilisée, la plupart des études portant sur l'anatomie du cerveau ont révélé des différences entre les TDAH et les groupes contrôles (Conners, 1997). Le problème majeur avec ces résultats, c'est que les études ne démontrent pas les mêmes déviations. Bien que celles-ci soient plus fréquentes chez les enfants portant le diagnostic du TDAH chez les enfants "normaux", elles ne se retrouvent pas chez la plupart des enfants présentant le TDAH. Certains sujets présentent donc des anomalies neurologiques ou biochimiques, d'autres pas. Il n'y a pas nécessairement de lésions ou de maladies du cerveau, mais des variation dans le développement relié aux régions frontale et préfrontale. Il faut tenir compte du fait qu'un trouble de l'apprentissage peut survenir à la suite d'une anomalie dans l'un de ces centres, mais aussi d'une perturbation dans ses connexions ou dans l'organisation générale du système (Thomas et Willems, 1997)Le rôle du lobe frontale est une des avenues explorées en neuropsychologie auprès de cette population pour expliquer à la fois la désinhibition et l'attention. Une revue de 22 études effectuée par Barkley et ses collègues (1992), a permis de déceler beaucoup d'inconsistance parmi les recherches visant à savoir s'il est possible de discriminer les TDAH des groupes contrôles sur ce plan. Des résultats mixtes sont aussi obtenus en ce qui a trait aux fonctions exécutives et aux processus liés aux réseaux antérieurs et postérieurs. Il n'y a donc pas de consensus possible jusqu'à maintenant. Il faut toutefois savoir que les auteurs ne s'entendent pas toujours sur ce que les tests mesurent, ce qui pourrait expliquer les divergences.
Neurosciences cognitives et TDAH
Lors de l'observation des manifestations cliniques du TDAH, les difficultés se situent souvent sur des plans très différents d'un individu à l'autre. Il devient donc important de déterminer dans quelle mesure un individu est affecté par chaque composante du trouble afin d'intervenir de la manière la plus appropriée. Les dernières recherches en neurosciences cognitives proposent la construction d'instruments pouvant évaluer le TDAH de façon plus spécifique pour pallier le diagnostique actuel, qui ne repose que sur l'opinion des observateurs. Une identification précise de différents sous-types du TDAH à partir de mesures neuropsychologiques permettrait une évaluation plus objective et validée du diagnostic (Conners et al., 1996) ainsi que la réalisation de plans de traitements différents et adaptés aux difficultés spécifiques. Cette précaution, d'une importance capitale, pourrait contribuer à l'efficacité des méthodes de rééducation des troubles de l'attention.L'attention, un concept difficile à définir
L'hétérogénéité des enfants diagnostiqués TDAH demande une analyse plus approfondie des divers déficits de l'attention. L'existence d'une multitude de description techniques des processus cognitifs de l'attention s'avère toutefois une problématique à considérer. Sur la base de travaux théoriques issus de la psychologie expérimentale et de la neurologie, l'attention peut être divisée en domaines distincts. Elle ne doit donc pas être considérée comme un concept unitaire. Les définitions de concepts reliés à l'attention diffèrent souvent selon les divers modèles théoriques (voir l'encadré). Il faut donc être prudent avant de comparer et d'interpréter des théories ou des résultats de recherches, et d'assurer que nous parlons bien de la même chose.L'attention est un concept difficile à définir, ce terme englobant une vague de phénomènes. Le concept d'atmosphère implique la sélectivité et la focalisation des activités de traitement de l'information, ainsi que la concurrence entre certaines opérations de traitement, qui rend compte du caractère limité des capacités attentionnelles.
En 1990, Goldstein et Goldstein soulignaient déjà que l'attention s'avère un terme générique. Ils référaient à une série de mécanismes hypothétiques qui, collectivement, répondent aux besoins de l'organisme. Ils identifiaient une série de ces mécanismes et proposaient que chacun d'eux constitue une composante spécifique de l'attention. Ainsi, le divided attention1 réfère à la capacité du jeune de faire deux activités simultanément, comme par exemple prendre des notes tout en écoutant ce qui est dit. Le focused attention se rapporte au jeune décrit comme facilement distrait ou rêveur. Le jeune facilement distrait par des stimuli extérieurs à la classe aurait un problème de selective attention De plus, celui-ci éprouverait énormément de difficultés à organiser et à ordonner l'information que le monde extérieur lui envoie. Le jeune incapable de persévérer dans son travail (pour une période de temps normale compte tenu de son âge) serait identifié comme présentant un déficit du sustained attention ou de persistence. Enfin, les déficits de vigilance ou de readiness seraient le propre lire plus


