Epistémologie et médecine conventionnelle

 
Epistémologie et médecine conventionnelleOn distingue deux approches de la connaissance scientifique. Une approche conventionnelle où la science est une accumulation de vérités et une approche moderne où s’affrontent les vérités. L’approche conventionnelle sur laquelle est fondée notre médecine allopathique basée sur la chimie de synthèse s’appuie sur deux postulats (1) et (2).
  • Il existe une vérité physique indépendante de celui qui l’étudie.
La science se prétend alors objective en tant que discours sur des objets existants. Elle est dite neutre puisqu’elle exclut le chercheur et donc toute possibilité de jugement de valeur. Cette coupure entre le sujet et l’objet de l’étude conduit à deux ruptures : la première entre la science qui ne s’occupe que de l’objet et la philosophie qui traite du sujet, la seconde entre les vraies sciences qui regroupent les sciences exactes ou sciences de la nature, encore appelées sciences dures par ce que quantifiables et rigoureuses par opposition aux sciences moles qualifiées de pseudo-sciences. Or, admettre cette théorie, l’appliquer aux sciences médicales, classer la médecine dans le giron des sciences exactes dites ’nobles’, nécessite de faire coïncider le postulat de départ avec la pratique médicale. Elle se concrétise par la distance qui s’opère entre le praticien et son patient, ramené à un simple corps sans âme à examiner.
  • L’objet étudié peut et doit être décomposé en éléments simples.
Cette approche réductionniste oblige à diviser les difficultés, à fragmenter les questions, à décomposer les phénomènes.
L’apparente complexité du réel s’expliquera alors à partir de quelques principes simples. Cette réduction de ce qui est divers ou multiple à une situation simple risque cependant d’être simplificatrice donc mutilante. Un point de vue global reprenant la maxime : « le microbe n’est rien, le terrain est tout » est impensable pour l’allopathie conventionnelle qui fait largement abstraction du psychisme, caractère, personnalité, environnement du sujet et ne voit dans le corps du patient qu’« un savant assemblage de matière biochimique appelé vie ». Les réductions simplificatrices conduisent à stéréotyper des humains pourtant uniques par essence, elles ont pour seule utilité de faciliter la mise en adéquation de modèles explicatifs à partir d’outils mathématiques faute de moyen substitutif à l’approche envisagée. Ces deux postulats conduisent à affirmer que les lois de la nature ainsi découvertes sont d’une part, invariantes, permanentes et donc prévisibles. L’allopathie conventionnelle prétend que se sont les bactéries et les virus qui rendent le corps malade. Elle peut donc prédire de façon certaine quelle maladie est la cause de tel germe. Par extension elle peut dire que tel vaccin correspond à telle maladie. Le hasard n’existe pas puisque présent et avenir sont parfaitement déterminés. D’autre part, les lois de la nature sont indépassables et inéluctables. Elles ne peuvent donc en aucun cas être modifiées par l’homme puisque c’est précisément ce caractère de vérité absolue et éternelle qui était accepté par le gros de la communauté scientifique, et l’est encore par le gros de la communauté médicale. Ce résultat est le dogme du déterminisme de la loi. Pasteur a vécu pendant l’essor du mouvement scientifique concomitant à la révolution industrielle, sa théorie en est la fidèle incarnation. D’où l’existence actuelle aberrante d’un déterminisme thérapeutique imposé comme quasi unique vérité, très prépondérant dans la prévention ou le traitement des maladies bien que les maladies ne peuvent de façon satisfaisante être expliquées par la notion simple : une cause, une maladie, ni par son corollaire : une maladie est due à une cause et à une seule. Le déterminisme est une assertion selon laquelle l’explication d’une situation de fait provient d’une seule cause, un postulat arbitraire. Il fut appliqué en certaines circonstances pour justifier certaines practices inhumaines bien qu’il conduise à des aberrations. Est-il nécessaire de rappeler que fort heureusement les mœurs évoluent et que l’état des connaissances sciences humaines est toute relative.

Montesquieu au siècle des lumières justifiait l’esclavage alors toujours en vigueur en se fondant sur un déterminisme géographique. Il invoquait des présupposés climatiques, prétendait que les peuples du sud amollis, rendus amorphes par les climats chauds, sont des lâches prédisposés à un statut d’esclave. Tandis que les peuples du nord au climat froid sont courageux et libres. De même, il était convaincu que les habitants des plaines au relief plat sont des personnes soumises et que les habitants des montagnes sont des conquérants. De même le nazisme était un déterminisme ethnique puisqu’il prônait la supériorité de la « race aryenne », notion morphologique, culturelle et religieuse prédéfinie. De la même façon un déterminisme thérapeutique part d’une seule cause (A) pour expliquer un état de fait (Ef). La doctrine allopathique prétend alors que le lien de causalité étant ainsi défini, pour résoudre un problème médical il existe donc un traitement déterminable par avance. Supposons « A, B, ...., Z implique # », dire A implique # ne signifie pas que # provient de A, en revanche retenir simplement « A implique # » permet arbitrairement de se focaliser sur une cause unique arbitraire. Ce déterminisme est en vigueur d’une part pour le traitement des maladies et d’autre part pour la prévention de certaines maladies. La vaccination est un déterminisme préventif ou d’immunothérapie active. On se trouve ainsi en présence d’une médecine allopathique reconnue généralement comme étant lire plus




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