L'activité physique, marqueur de poids

 
LL'activité physique ne suffit pas à elle seule à faire maigrir. En revanche, le manque d'activité physique et la sédentarité favorisent la prise de poids aussi bien chez l'adulte que chez l'enfant...Le lien entre l’activité physique et le poids est controversé depuis longtemps. Cette polémique repose en grande partie sur la triste réalité des chiffres : le rendement énergétique des apports est beaucoup plus élevé que celui des dépenses. En clair, un excédent énergétique modeste, surtout s’il est répété, entraîne plus rapidement une prise de poids que la pratique, même régulière, d’une activité physique modérée à intense ne fait maigrir. Pour perdre du poids, la seule combinaison gagnante est de manger (un peu) moins et de bouger (beaucoup) plus. Par contre, ne pas prendre des kilos superflus implique, paradoxalement, de conserver une activité physique suffisante, et pas uniquement sportive…

Jeune femme sédentaire

Plusieurs études récentes indiquent que maintenir un niveau d’activité physique élevé au cours de la vie abaisse sensiblement le risque d’obésité. Une étude finlandaise a suivi pendant 21 ans près de 1300 jeunes âgés de 9 à 18 ans. Au cours du suivi, les auteurs de cette étude ont évalué comment l’activité physique influençait l’indice de masse corporelle et le tour de taille des jeunes volontaires. Environ 33 % des filles et 32 % des garçons ont été répertoriés en tant qu’individus régulièrement actifs, alors que 12 % des garçons et 8 % des filles ont été identifiés comme totalement inactifs. L’étude montre que le déclin de l’activité avec l’âge et la persistance d’un comportement inactif sont indépendamment associés à un risque d’obésité ou de surcharge pondérale en comparaison des sujets actifs. Ainsi, chez la femme, la seule baisse de l’activité multiplie, respectivement, par des facteurs 2.35 et 2.72 le risque de développer une surcharge pondérale et une obésité. Cet effet n’est curieusement pas retrouvé chez l’homme, même si l’on observe cependant une tendance plus marquée vers l’obésité modérée à sévère chez les messieurs au fur et à mesure que diminue le niveau d’activité physique en prenant de l’âge. Ces résultats sont en partie confirmés par une étude portugaise, qui met également en évidence un odds ratio de 2.1 pour le risque d’obésité chez les enfants et les adolescents qui présentent le plus faible niveau d’activité physique.

Aversion naturelle à l’effort

Si le déclin de l’activité physique favorise la prise de poids, celle-ci favorise en retour une baisse complémentaire du niveau de l’activité physique. L’individu en excès de poids s’installe donc dans le cercle vicieux de la sédentarité. Et ce comportement peut se manifester déjà au plus jeune âge, comme en témoigne une étude récente menée par l’Université de Gand chez des adolescents. Dans cet échantillon majoritairement féminin, les auteurs ont exploré l’attitude face à l’activité physique de 3 groupes de jeunes : des sujets de poids normal, en surpoids et obèses. L’âge moyen était de 14 ans et demi. L’analyse est conforme aux attentes : la participation aux activités sportives est plus importante chez les jeunes de poids normal que les jeunes en excès de poids et, surtout, que les jeunes obèses. Les raisons en sont assez simples : les adolescents de poids normal ressentent moins d’obstacles à l’effort, comme les complaintes physiques, la lire plus




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