Télévision et grignotage
La sédentarité est également clairement mise en cause aujourd’hui dans l’épidémie mondiale d’obésité. Le comportement sédentaire correspond aux occupations pour lesquelles les mouvements corporels sont réduits au minimum (et la dépense énergétique très faible) : regarder la télévision, travailler sur un ordinateur, jouer à la console de jeu et de façon générale, être assis ou couché. Le nombre d’heures passées devant la télévision semble déjà jouer un rôle déterminant, aussi bien chez l’enfant… que chez l’adulte sénescent. Une étude conduite auprès de femmes à Seattle est sans équivoque à ce propos. Le fait de rester scotché devant le poste de télévision plus de 2 heures par jour la semaine et/ou les week-ends est significativement associé à l’obésité. Le risque d’obésité est multiplié dans ce cas par un facteur 1.4. Prendre ses repas en regardant la télévision ou grignoter devant le petit écran augmente également ce risque d’un facteur 1.3. Et c’est plus sérieux encore, lorsque l’on combine ces deux comportements : passer plus de deux heures par jour devant la télé et manger ou grignoter multiplient par deux le risque de devenir obèse… Un phénomène qui se vérifie aussi chez les enfants et qui est probablement commun à de nombreuses familles, à l’heure où les postes de télévision fleurissent dans la majorité des pièces de la maison...L’influence de l’urbanisation
A côté de son étude purement nutritionnelle, une nouvelle approche de l’obésité a récemment vu le jour. Celle-ci étudie l’impact de l’environnement et de l’urbanisation sur le développement de l’excès de poids. Les résultats sont pour le moins étonnants sur l’activité physique. Ainsi, des chercheurs de l’Ecole de Santé Publique Mailman de la Columbia University de New York ont récemment montré que le voisinage d’un individu, comme le nombre d’arrêts de bus ou de stations de métro, la disponibilité d’aliments nutritifs, la localisation et la qualité de l’aménagement des espaces verts et de détente ou même le nombre d’arbres ou de building avec ascenseurs affectent directement son alimentation et son niveau d’activité physique. Ainsi, parmi les différents schémas étudiés, les personnes vivant dans des quartiers résidentiels disposant de commerces « au coin de la rue » ont des taux d’obésité plus faibles que les personnes vivant dans des quartiers uniquement résidentiels. La raison en serait toute simple : la présence de commerces de proximité rend moins dépendant de l’automobile. Le même constat est observé avec un réseau de transport en commun bien développé. Or, c’est précisément l’inverse qui se produit actuellement dans de nombreuses grandes villes avec la délocalisation et le regroupement de commerces dans des grandes chaînes de magasins, en dehors des agglomérations ! Lutter contre l’obésité va donc probablement nécessiter aussi une révision de la politique d’urbanisme dans les prochaines années…Par Nicolas Rousseau
" HEALTH & FOOD " numéro 77, Mai/Juin 2006
(reproduit avec la permission écrite de:http://healthandfood.be)


