A la recherche des causes de la maladie

 
A la recherche des causes de la maladie

Que se passe-t-il dans le cerveau des personnes atteintes?

Il est aujourd’hui établi que les patients atteints de maladie de Parkinson présentent un déficit en dopamine, une molécule chimique qui joue le rôle de « messager » pour certains neurones (neurotransmetteur).
Mais ce déficit ne suffit pas à expliquer la maladie. Il est en effet la conséquence d’une disparition progressive, elle aussi inexpliquée, des neurones producteurs de dopamine situés dans la substance noire (ou locus niger, une zone du cerveau située dans la partie supérieure du tronc cérébral, qui tient son nom de sa couleur sombre, donnée par les neurones riches en mélanine qui la composent). Or ces neurones communiquent avec le striatum (une autre zone cérébrale qui ressemble à un gros noyau située à côté du locus niger et qui tient son nom de son aspect strié).
Très schématiquement, en temps normal, les neurones de la substance noire « émettent » de la dopamine vers les neurones du striatum. Dans la maladie de Parkinson, la disparition des neurones de la substance noire induit l’effondrement de la concentration en dopamine dans le striatum, zone dont les neurones sont impliqués dans le contrôle des mouvements.
Si à l’apparition des premiers symptômes parkinsoniens plus de la moitié des neurones dopaminergiques ont déjà disparu, c’est quatre ou cinq ans avant que démarrerait cette perte. Au moment du diagnostic, 80 % des neurones dopaminergiques seraient déjà détruits. La perte n’atteint cependant jamais 100% : certaines régions du cerveau, à l'extérieur de la substance noire, conservent leurs neurones dopaminergiques.
À l’inverse, d'autres types de neurones sont aussi touchés, expliquant probablement certains symptômes quelquefois associés à la maladie, comme les atteintes cognitives et la dépression.

Pourquoi les neurones dégérèrent-ils?

Des hypothèses tentent d’expliquer la disparition des neurones de la substance noire : des cellules peuvent entamer un processus de destruction lorsqu’il leur manque un facteur de survie essentiel, lorsqu’elles sont soumises à diverses substances toxiques (par ex. le glutamate) ou lorsqu’elles sont soumises au stress oxydatif, un stress lié pour les neurones au seul fait de « vivre » et donc de consommer de l’oxygène. Les neurones dopaminergiques deviendraient, dans ce cas, incapables de se « défendre » contre les effets néfastes engendrés par certaines molécules toxiques appelées radicaux libres. L’accumulation de ces radicaux libres conduit notamment au déclenchement de l’apoptose, un processus d’élimination habituellement réservé aux cellules usées. La destruction pourrait aussi découler de la présence de cytokines, des molécules normalement produites dans les processus immunitaires, par les cellules gliales, précisément voisines des neurones dopaminergiques.
Par ailleurs, dans la maladie de Parkinson, cette perte est associée à l’apparition, dans les neurones malades, de corpuscules arrondis aussi appelés corps de Lewy. Comme ces inclusions constituent la caractéristique pathologique principale de la maladie, les chercheurs ont depuis longtemps l'intuition qu’elles sont impliquées dans le processus de lire plus




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