Bouger à tout âge

L'exercice
physique est un facteur de prévention et de maintien d'une bonne santé, même pour les seniors. Il n'est pas nécessairement contre-indiqué si l'on souffre de l'une ou l'autre affection, bien au contraire. Mais dans tous les cas, il doit être adapté. L’activité physique est bénéfique d’un bout à l’autre de la vie. Chez le tout petit et l’enfant, elle contribue au développement psychomoteur et à la connaissance du corps propre. Elle acquiert aussi très précocement une valeur préventive puisqu’elle développe les capacités pulmonaire et
cardiaque, ainsi qu’elle favorise l’acquisition d’un capital osseux important, qui protégera l’individu jusqu’à un âge avancé contre
l’ostéoporose.
Pas perdu pour autant
Mais tout est loin d’être joué une fois que sont passées les premières décennies. De nombreuses études ont montré que les seniors, s’ils pratiquaient une activité physique régulière et adaptée, pouvaient eux aussi, malgré un âge avancé, en tirer bénéfice. Et ce n’est pas seulement vrai pour ceux qui sont en bonne santé : c’est une réalité aussi pour les personnes qui sont atteintes d’un certain nombre d’affections. Depuis que les premières études épidémiologiques ont prouvé l’intérêt de l’activité physique, il a été bien démontré que l’inactivité constitue un facteur de risque pour toutes les catégories de population. On va même plus loin aujourd’hui en estimant que le déclin fonctionnel qui accompagne l’avancée en âge s’explique au moins pour moitié par le manque d’exercice physique. Pourtant, si l’on considère la perte de fonction musculaire, on sait qu’elle est en partie récupérable par la pratique de l’exercice en résistance. Contrairement à ce qu’on a longtemps dit en interdisant a priori toute activité en
résistance aux seniors, il semblerait donc qu’un mélange adéquat d’exercices en conditions aérobies et d’exercices en résistance puisse contrecarrer un certain nombre des modifications somatiques qui surviennent avec l’âge. Mais ici comme ailleurs, la prévention commence dans l’enfance, puisque l’importance du bénéfice que l’on peut tirer de l’activité physique dépend de la condition physique de base. Elle est également fonction de l’existence d’une affection sous-jacente : on ne visera pas les mêmes objectifs en cas d’arthrose qu’en cas d’insuffisance cardiaque. Enfin, la durée, l’intensité et la fréquence de l’exercice physique détermine également l’apport de cette pratique mais les limites de ces
paramètres sont fixées par la présence ou l’absence d’affection.
Bon pour tout
On sait aussi depuis longtemps que l’activité physique exerce une
influence bénéfique sur la pression sanguine. Il semblerait même, selon une étude de Lee et al., que la prise de conscience de cet avantage possible, la motivation à gérer sa pression sanguine et les antécédents de pratique sportive constituent des prédicteurs positifs de l’efficacité de l‘exercice physique sur la pression sanguine. Les effets de la pratique sportive sur l’image corporelle, sur la tonicité musculaire et sur le sens de l’équilibre ne sont un secret pour personne. Mais il est sans doute bon de rappeler que dans le cas des aînés, ces effets ont des répercussions bénéfiques sur le risque de chute et sur l’ostéoporose. On ne se lassera pas de répéter combien les suites des chutes peuvent être catastrophiques chez la personne âgée : perte de la vie sociale, de l’autonomie, risque d’infection fatale pendant la période d’immobilisation, voire même décompensation d’une démence jusque là plus ou moins
équilibrée grâce à la permanence des repères quotidiens.
Le psychisme aussi
Cette allusion à la démence nous permet d’envisager brièvement les avantages de l’activité physique pour le
psychisme : outre qu’elle contribue au maintien d’une vie sociale appréciable si elle est pratiquée en
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