Enfin, nous ne parlerons pas des effets sur la mobilité digestive et sur l’équilibre endocrinien et métabolique.
Des risques malgré tout
Ceci dit, puisqu’on a évoqué la limitation de la fréquence, de l’intensité et de la durée des exercices, ainsi d’ailleurs que leur type, par d’éventuelles maladies, c’est aussi parce qu’il existe des risques à une pratique mal adaptée. Une pathologie cardiaque ischémique, par exemple, peut être exacerbée par une activité physique intempestive, voir conduire brutalement à l’accident grave ou au décès. Cela reste vrai, que l’affection soit diagnostiquée ou non. Il n’en faut pas plus pour insister sur le caractère impérieux d’un examen médical complet, avec épreuve d’effort, avant la reprise de toute activité. Cet examen doit être répété annuellement, ou plus fréquemment encore si le médecin (le cardiologue de préférence) l’estime nécessaire. Et lorsque le moindre signe d’intolérance apparaît, une réévaluation doit être faite et l’effort doit être adapté. Un apprentissage au self-monitoring paraît constituer un précieux atout dans la conduite de l’activité physique. Le mieux, dans ce type d’affection comme dans d’autres, est de pratiquer l’exercice dirigé, dans des clubs ou groupements spécifiquement adaptés et sous la direction d’un maître d’éducation physique ou d’un kinésithérapeute formés à la direction des activités physiques pour les seniors . Mieux encore, il est bon que cet « animateur » soit également formé aux premiers secours. Dans une étude préliminaire récente mais d’ampleur limitée, Armit et al. ont mis en évidence l’intérêt d’une pratique en groupes limités, bénéficiant de conseils personnalisés. L’étude portait sur les répercussions de ces conditions sur la pression sanguine des pratiquants.Les poumons aussi
Le cœur peut encore subir d’autres inconvénients, notamment les arythmies, qui peuvent elles aussi provoquer la mort subite. Il faut néanmoins reconnaître que si cette éventualité existe, le risque est considéré par les spécialistes comme étant extrêmement faible. La déshydratation avec perturbation de la balance électrolytique est une autre menace. Il faut reconnaître qu’elle guette n’importe quel sportif, quel que soit son âge. Mais les années ajoutent au risque car le senior a une sensation de soif émoussée. De plus, ses mécanismes de régulation thermique sont moins efficaces et son épuration rénale quelque peu amortie. Si par surcroît la température ambiante est excessive, l’accident guette également. Cela peut être aussi bien la thrombose que l’hyperthermie. On a déjà attiré l’attention par ailleurs sur le risque d’aggravation d’une pathologie existante. Pensons non seulement aux maladies cardiaques dont il a déjà été question mais aussi aux atteintes respiratoires. La pollution peut ajouter au risque. Il faut enfin rappeler les risques musculo-squelettiques : fatigue musculaire ou tendineuse, tendinites, déchirures et autres entorses. Toutes ces raisons justifient un entraînement progressif, la prudence étant le maître-mot de la réussite. Bref, il faut bouger à tout âge, mais de manière adaptée à sa situation propre. Ce rapide survol de quelques aspects de la question, même s’il est loin d’être exhaustif, nous paraît l’illustrer suffisamment.Par Dr. Jean Andris
" HEALTH & FOOD " numéro Spécial, Mai 2006
(reproduit avec la permission écrite de:http://healthandfood.be)


