La maladie de Parkinson

Introduction
Maladie de Parkinson, encéphalopathie bovine spongiforme, maladie d’Alzheimer, attaque cérébrale, démence sénile... voilà quelques exemples de maladies dites dégénératives qui font peur, qui font penser à la folie, qui évoquent les vieux asiles d’aliénés ou les hôpitaux psychiatriques.Et pourtant, si certaines de ces maladies conduisent inéluctablement à la déchéance physique et mentale et à la mort, d’autres sont de mieux en mieux connues et donc de mieux en mieux traitées... et c’est justement le cas de la maladie de Parkinson.En effet, on connaît aujourd’hui la cause de cette maladie qui est l’insuffisance de production d’une sorte d’hormone que l’on appelle un neurotransmetteur, facteur qui permet le bon acheminement des messages du cerveau vers les organes du corps humain.Dans la maladie de Parkinson, le neurotransmetteur défaillant est la dopamine, qui sert, entre autres, à assurer la bonne exécution des ordres du cerveau par le système musculaire.Ainsi, le traitement va consister à prescrire des médicaments qui vont remplacer cette sécrétion insuffisante de dopamine.En France, environ 100 000 personnes souffrent de cette maladie, qui apparaît, le plus souvent, vers l’âge de 65 ans, mais peut débuter plus tôt.On estime à 5 000 le nombre de malades âgés de 20 à 40 ans atteints par cette maladie.Définition
La maladie de Parkinson a été officiellement définie en France par une Conférence de Consensus de mars 2000 comme une affection dégénérative d’étiologie inconnue, touchant initialement les neurones dopaminergiques du locus niger et atteignant environ 1,5 % de la population âgée de plus de 65 ans .La maladie de Parkinson est caractérisée par l’apparition unilatérale d’un syndrome parkinsonien amélioré par un traitement spécifique.Le syndrome parkinsonien se compose de 3 signes :
- le tremblement apparaît généralement au niveau de l’une des deux mains ; il est régulier, faisant penser à un mouvement d’émiettement du pain et, ce qui lui est caractéristique, il disparaît lorsque la personne fait un mouvement ou lors du sommeil.Ce signe est parfois imperceptible pour le patient et c’est souvent l’entourage qui le remarquera en premier.Ce tremblement, dit de repos, disparaissant au mouvement et asymétrique est très évocateur de la maladie et incite à rechercher les autres signes.
- l’akinésie se traduit par un ralentissement ou une disparition des gestes qui nous sont automatiques, comme balancer les bras en marchant, cligner des paupières ou exprimer des émotions sur notre visage .Le patient parkinsonien, à un stade avancé de la maladie, donne l’impression de quelqu’un de figé, d’inexpressif. Cette akinésie peut aussi être responsable de troubles de l’équilibre, le patient ayant tendance à être penché vers l’avant.
- la rigidité ou hypertonie correspond à un tonus musculaire exagéré, comme si les muscles étaient tendus en permanence, rendant difficile l’accomplissement des gestes de la vie courante, comme faire sa toilette, s’habiller, s’alimenter ; le patient parkinsonien marche courbé, à petits pas, sans balancer les bras.
Comment le médecin fait-il le diagnostic de maladie de Parkinson ?
Actuellement, aucune analyse, aucun examen complémentaire, comme la radiologie, le scanner ou d’autres examens plus complexes ne permet de poser le diagnostic de maladie de Parkinson.En effet, cette maladie est due à une altération progressive de certaines parties profondes du cerveau et cette altération n’est pas dépistable avec les moyens dont la médecine dispose actuellement.En revanche, votre médecin traitant pourra affirmer que ce syndrome parkinsonien est une vraie maladie de Parkinson :
- en éliminant les autres causes de syndrome parkinsonien en interrogeant le patient ou son entourage sur ses antécédents (un peu l’histoire médicale de sa vie en somme), les médicaments qu’il prend, ses habitudes de vie, etc.
- en utilisant quelques tests portant sur la mémoire, le calcul mental, la concentration
- en pratiquant un examen clinique permettant d’éliminer d’autres causes à ce syndrome
- en prescrivant, si nécessaire, des examens complémentaires pour confirmer ou, au contraire, réfuter les autres diagnostics qui pourraient expliquer les signes présentés par le patient
- en dernier lieu, en prescrivant un traitement test qui pourra apporter la preuve du diagnostic de maladie de Parkinson ; toutefois, ce test thérapeutique ne doit être pratiqué qu’après 3 à 5 ans d’évolution des différents signes pour pouvoir être correctement interprété.
Peut-on prévenir la maladie de Parkinson ?
Malheureusement non.On ne connaît pas aujourd’hui la cause qui déclenche l’altération des cellules du cerveau responsables de la maladie.On sait avec certitude qu’il ne s’agit pas d’une maladie infectieuse microbienne ou virale) et il est donc inutile de chercher un vaccin contre cette maladie. Cela signifie également que la maladie de Parkinson n’est pas contagieuse.En revanche, il existe vraisemblablement un facteur génétique, car la maladie apparaît de façon plus fréquente dans certaines familles. Le décryptage récent du génome humain permettra, peut-être, d’identifier une anomalie génétique à l’origine de la maladie et, si une anomalie génétique existe réellement, de rechercher des moyens de la corriger.Quel est le traitement de la maladie de Parkinson ?
Le maître mot du traitement de la maladie de Parkinson est l’accompagnement :- par le médecin traitant qui décidera du traitement le plus approprié et qui suivra le patient durant toute la durée de sa maladie
- par les autres professionnels de santé : infirmière, kinésithérapeute, ergothérapeute qui participeront au maintien d’une bonne qualité de vie
- par l’entourage et les proches dont les encouragements seront importants pour aider le patient à vivre avec sa maladie dans un esprit combatif et non dans la résignation
- par les associations de patients spécialisées dans la maladie de Parkinson dont les conseils, la documentation, les actions entreprises en commun représentent à la fois un aide et un soutien importants.


