liés à la souche bactérienne employée. Tous les probiotiques ne sont donc pas efficaces pour traiter la diarrhée ou réduire la constipation, voire le côlon irritable. Et la différence dans l’effet va même plus loin. Tous les Lactobacilles et tous les Bifidobactéries n’exercent pas une action probiotique ! La terminologie définit les ferments par un nom de genre (ex : Lactobacillus), d’espèce (ex : casei) et de souche (DN-114 001 ou defensis). Et c’est là que le fossé se creuse inéluctablement : ainsi, tous les Lactobacillus casei du marché, par exemple, ne sont pas des probiotiques, car ils ne sont pas tous doués de survie et ne possèdent pas tous des effets bénéfiques démontrés sur la santé de l’Hôte ou bien parce que leur potentiel effet bénéfique n’a pas encore été étudié. Il en est de même pour les Bifidobactéries. Seuls certains micro-organismes (comme par exemple, Lactobacillus casei Shirota et Bifidobacterium DN-173) ont clairement démontré un effet dans la constipation et quelques autres (Lactobacillus casei immunitas, Lactobacillus rhamnosus GG…) apportent une solution efficace à certaines formes de diarrhée, tout comme certaines levures enregistrées comme médicaments (Saccharomyces boulardii.

Le sucre du lait : pas de restriction

Avec l’âge, la consommation de produits laitiers a également tendance à diminuer, ce qui ne facilite pas l’assimilation du lactose ou sucre du lait, mais uniquement chez certains individus. Contrairement à certaines idées reçues, le déficit enzymatique acquis en lactase, si il touche entre 20 et 40 % de la population générale, ne s’accompagne de symptômes que chez la moitié des individus affectés. En fait, une activité lactasique très faible ne donne pas forcément des symptômes et nombreuses sont les personnes « alactasiques » qui tolèrent sans problème un à deux verres de lait. Chez les personnes sensibles, l’intolérance au lactose s’accompagne de sensations de ballonnements, de douleurs abdominales, voire de diarrhée dans le voisinage immédiat de la consommation de produits laitiers. Mais elle ne doit pas décourager la consommation de laitages pour autant, surtout en regard de leur contribution aux apports calciques et en vitamine D des aînés. Les fromages (surtout à pâte dure) et en particuleir les yaourts ne posent aucun problème de tolérance. Bien au contraire, dans le cas du bon vieux yaourt, les ferments spécifiques, Lactobacillus bulgaricus et Streptococcus thermophilus, dégradent partiellement le lactose et entretiennent une activité lactasique virtuelle dans l’intestin puisqu’ils y arrivent vivants.

Pour stopper la diarrhée

Les formes aiguës de diarrhée ne nécessitent pas souvent un traitement médical approfondi. Etant donné que la diarrhée induit des pertes d’eau importantes, il faut lutter de préférence contre la déshydratation, particulièrement chez les personnes âgées. Traditionnellement, le traitement consiste en une solution de réhydratation par voie orale, d’un antidiarrhéique et d’un antispasmodique en cas de douleurs abdominales. Dans les formes sévères (fièvre, sang dans les selles, diarrhée très abondante), le suivi médical est indispensable. Le retour à une alimentation normale doit ensuite s’effectuer en douceur et devrait prévoir notamment une consommation de yaourt, afin de rétablir une flore intestinale équilibrée, voire de certains laitages probiotiques buvables, pour contrer l’action bactériostatique des antibiotiques. Mais encore une fois, l’important est de prendre tout épisode de diarrhée chez le senior, en particulier s’il se répète, car il précipite le risque de déshydratation avec les conséquences potentiellement sévères que cela suppose.

Par Nicolas Rousseau

" HEALTH & FOOD " numéro Spécial, Mai 2006
(reproduit avec la permission écrite de:http://healthandfood.be)




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