Lueurs d'espoir pour bien voir plus longtemps

 
Lueurs dAvec le temps, la qualité de la vue baisse. La dégénérescence maculaire liée à l'âge et la cataracte touchent une population de plus en plus importante. Plusieurs pistes nutritionnelles sont envisagées pour freiner leur progression. Elle affecte la macula, la partie centrale de la rétine, et survient typiquement avec l’avancée en âgé. C’est la dégénérescence maculaire liée à l’âge (AMD), qui conduit à une perte appréciable de la qualité de vie. Elle représente la première cause d’altération irréversible et de perte de vision chez les adultes de plus de 60 ans dans les pays développés. À un stade moins avancé, elle entraîne l’incapacité de lire, de reconnaître des visages, de conduire. Comme la peau et les cheveux, l’œil est en première ligne face aux agressions extérieures, dont l’exposition aux UV. Il n’est donc pas surprenant qu’il soit, lui aussi, particulièrement confronté aux phénomènes d’oxydations. C’est bien la raison pour laquelle la piste des composés antioxydants et de leur éventuel effet protecteur pour l’œil vieillissant, agressé, oxydé… n’a rien de saugrenu. D’ailleurs, il a été suggéré récemment que des modifications oxydatives des protéines pouvaient jouer un rôle critique dans la formation des drusen, les dépôts rétiniens entraînant la dégénérescence de la rétine. Une piste sérieuse, mais qui n’est actuellement pas encore étayée par de nombreuses études.

Vitamines des yeux

Un « ténor » dans ce domaine est sans conteste l’étude AREDS (Age-Related Eye Disease Study Research Group). Elle révélait, en 2001, que la prise d’un supplément composé de bêta-carotène, vitamines C et E et zinc pendant une période de 5 ans s’accompagnait d’une réduction de la progression de l’AMD de 25 % (1). Les dosages utilisés étaient cependant assez élevés, de 5 à 13 fois les apports recommandés, et se pose dès lors la question de savoir si des apports dits « nutritionnels » d’antioxydants sont aussi efficaces. C’est à cette question que la Rotterdam Health Study (2) apporte de nouveaux éléments de réponse. Celle-ci porte sur plus de 6000 personnes âgées de 55 ans et plus exemptes de DMLA à l’inclusion et suivies pendant 8 ans. Un apport alimentaire supérieur à la médiane pour 4 antioxydants (vitamines C et E, bêta-carotène et zinc) est associé à un risque de survenue de la DMLA réduit de 35 % (la médiane utilisée correspondait aux valeurs des apports nutritionnels recommandés). Des données qui suggèrent que le rôle de prédilection des antioxydants se situe surtout dans la prévention de la survenue de la DMLA, plutôt que dans le ralentissement de sa progression.

Les graisses en vue

Le développement de l’AMD est-il, lui aussi, influencé par notre apport lipidique ? C’est en tout cas ce que suggèrent certains travaux. Comme cette étude menée auprès de 261 personnes âgées de 60 ans et plus présentant des signes d'AMD non exsudative à un stade précoce ou intermédiaire (3). La progression de l'affection a été évaluée après 5 années de suivi. Les personnes du quartile le plus élevé pour l'apport en lipides totaux ont un risque relatif d’évoluer vers un stade avancé qui est trois fois plus élevé que ceux mangeant peu gras. L'étude montre que le risque de progression de l'AMD est presque deux fois plus élevé chez ceux qui consomment le plus d'acides gras saturés, de mono-insaturés, de poly-insaturés et d'acides gras trans. Certains aliments apparaissent comme plutôt protecteurs : la consommation de fruits secs oléagineux (noix, noisettes, amandes…) à raison d’au moins une fois par semaine est associée à une lire plus




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