de plaques que les artères du jeune individu. En conséquence, bien qu’il ne semble pas y avoir eu d’études abordant la question, on peut suspecter que les mesures alimentaires destinées à prévenir l’athérosclérose sont plus que jamais recommandées chez la personne âgée.

Perméabilité membranaire

La composition lipidique de la membrane des cellules cardiaques (et d’autres cellules encore) se modifie elle aussi avec l’âge. Ce n’est pas sans conséquences car cette composition détermine la conformation et la position de nombreuses protéines fonctionnelles présentes dans la membrane de la cellule ou celle des organites intracellulaires. On constate dans ses études biochimiques de ces structures une augmentation du contenu en acide arachidonique et une diminution de celui de l’acide docosahexaénoïque. Il a été montré expérimentalement que des membranes enrichies en acides gras oméga-3 avaient une propension à favoriser une charge calcique intracellulaire réduite, tandis que l’enrichissement en oméga-6 favorisait une surcharge calcique des cellules. On connaît le rôle du calcium dans la dépolarisation de ces membranes et le risque d’arythmies qui peut découler d’un excès de calcium. De là à dire si des modifications des apports alimentaires en acides gras polyinsaturés peuvent inverser la tendance, il ne semble pas que des études aient répondu à la question.

Maîtriser le risque

Le métabolisme oxydatif des cellules cardiaques mérite également qu’on s’y attarde. Des études très pointues réalisées sur des cardiomyocytes de coeurs sénescents ont montré que ces cellules avaient un seuil abaissé de production de radicaux libres. L’une des conséquences de ce phénomène est l’altération facilitée des lipides membranaires. Il est possible que cela entraîne des conséquences comparables à celles qu’on a évoquées plus haut sur la perméabilité membranaire, les mouvements calciques et le risque d’arythmies. Au niveau des mitochondries cardiaques, l’excès de radicaux libres peut aussi altérer l’efficacité de la voie métabolique productrice d’énergie. Ce qu’on a pu montrer, c’est qu’une alimentation enrichie en acides gras oméga-3 prévient l’appauvrissement de la membrane mitochondriale en cardiolipine, co-facteur de plusieurs enzymes de la chaîne respiratoire. Il existe par ailleurs un large faisceau d’arguments pour considérer qu’un bilan inadéquat en antioxydants accroît le risque d’insuffisance cardiaque, d’atteinte cardiovasculaire et d’AVC. Des suppléments en antioxydants peuvent contribuer à la prévention de ces affections. Mais ces effets sont plus marqués avec les fruits et légumes riches en antioxydants qu’avec des préparations destinées à la supplémentation ou à des usages pharmacologiques. On considère d’ailleurs que des apports insuffisants en fruits et légumes augmentent nettement le risque de ces troubles cardiovasculaires. Par contre, une consommation accrue de fruits et légumes est susceptible d’augmenter la capacité antioxydante du plasma et est associée à une diminution du risque de maladies cardiovasculaires, parmi toute une série d’autres affections.

Penser aux artères

On a vu la place des phénomènes oxydatifs dans les troubles cardiaques mais il ne faut pas oublier non plus que les phénomènes oxydatifs jouent un rôle central dans l’athérosclérose également. On connaît en effet le risque lié aux LDL oxydés. C’est à ce point que l’on voit venir le moment où cette composante du lipidogramme prendra sans doute plus de poids dans l’évaluation du risque cardiaque et vasculaire que le LDL lui-même. Voilà donc encore une bonne raison pour disposer d’un capital antioxydant suffisant.

Par Dr. Jean Andris

" HEALTH & FOOD " numéro Spécial, Mai 2006
(reproduit avec la permission écrite de:http://healthandfood.be)




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